Rugby: Boudjellal a «un problème avec le monde du rugby»

RUGBY En froid avec la Ligue de Rugby et son président Pierre-Yves Revol, le boss du RC Toulon Mourad Boudjellal règle ses comptes...

SB

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Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, est dans le collimateur de la Ligue de rugby. 
Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, est dans le collimateur de la Ligue de rugby.  — VILLALONGA KARINE/SIPA

Une histoire sans fin. C’est à peu de choses près, ce qui a commencé il y a un peu plus d’une semaine, lorsque le président du RC Toulon Mourad Boudjellal, écœuré par l’arbitrage lors de la défaite de son club sur la pelouse de Clermont (25-19), a laissé échapper les mots «sodomie arbitrale» de sa bouche.

Entré dans un interminable conflit avec la Ligue de rugby et son président Pierre-Yves Révol, l’homme fort de Toulon n’y est pas allé de mains mortes dans les colonnes de L’Equipe. Désireux de régler ses comptes avec le monde de l’ovalie, Boudjellal s’est attardé longuement sur sa perception différente de la culture rugby: «j’ai un problème avec le monde du rugby: quand j’emploie les mots «sodomie arbitrale», on dit que je porte atteinte à l’intérêt supérieur du rugby français. Le rugby est un sport réactionnaire qui doit évoluer. Et Pierre-Yves Revol montre ses limites culturelles quand il pense que cette phrase va contre l’intérêt supérieur du rugby français. J’ai été plus choqué il y a quelques années, à la Nuit du Rugby, par une blague totalement homophobe de Fabien Pelous, qui faisait rigoler tout le monde sauf moi et quelques-uns».

 Au rayon différends toujours, le président du RCT admet avoir un problème avec le côté «bourge» du rugby traditionnel français: «Il ne faut pas s’étonner que ce sport ne joue pas son rôle sociétal, il se cantonne dans ses vieilles valeurs. Va parler dans les cités, aux jeunes beurs, aux blacks. Pour eux, le rugby est un sport de bourges. Ici, à Toulon, on y arrive doucement grâce au RCT, on va dans les cités. Je veux que ce sport intelligent sorte du rugby franchouillard». 

Déçu, mais pas résigné, Mourad Boudjellal entend toutefois continuer dans le monde du rugby, pour gagner enfin: «Ce que je veux, c’est gagner. Et m’en aller. Mais pour gagner, il faut que les règles soient équitables. Il y a deux ans, on a peut-être perdu un titre de champion de France. Je l’ai en travers. Ce n’est pas de la parano, mais une réalité». Les diverses amendes auxquelles il s’expose s’annoncent bien réelles, elles aussi.