Hatem Ben Arfa se confesse et reconnaît avoir fait partie «d'un mouvement sectaire»

FOOTBALL Le joueur de Newcastle est d'une rare franchise dans un entretien à «L'Equipe»...

A.M.

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L'attaquant de newcastle Hatem ben Arfa, le 7 janvier 2012, contre Blackburn, à Saint-James park.
L'attaquant de newcastle Hatem ben Arfa, le 7 janvier 2012, contre Blackburn, à Saint-James park. — Richard Lee/NEWSCOM/SIPA

Qui a dit que les footballeurs n’avaient rien à dire? Dans une interview parue ce lundi matin dans L’Equipe, Hatem Ben Arfa se confie sur son parcours mouvementé, en toute franchise. Décrivant des «pulsions» qui l’ont longtemps empêché de se «soumettre à l’autorité», l’ancien Marseillais veut maintenant «donner de l’amour, donner du plaisir au public français».

Dans des termes qui flirtent souvent avec la psychanalyse, HBA explique ses relations tendues avec ses différents entraîneurs par… sa relation avec son père. «Mon père ne m’a jamais dit je t’aime. Il m’a manqué de la générosité dans la vie. Il a toujours été derrière moi mais il n’a jamais su extérioriser ses sentiments. Je ne lui en veux pas. Mon père n’a pas eu de père. Il a reproduit des schémas que j’essaie de casser pour moi, car je dois avancer», confie celui qui fut formé à l’INF Clairefontaine avec la fameuse «génération 1987».

«Mon ego m’a sauvé»

Visiblement, le mal-être d’Hatem Ben Arfa est allé assez loin pour qu’il envisage d’appartenir à une secte. Le tout sur les conseils du chanteur Abd Al-Malik, vers 2007-2008. «Je faisais partie d’un mouvement avec un chef spirituel, un chekh. Quand je suis entré dans la salle des prières, il fallait que je lui baise les pieds. C’était obligatoire. Heureusement ce jour-là mon ego m’a sauvé. Je ne pouvais pas accepter ça. Ils m’ont endoctriné à une époque où j’étais très vulnérable. Ils m’ont presque coupé de tout le monde», raconte le joueur.

Cet épisode est désormais loin derrière lui. Aujourd’hui, Hatem Ben Arfa, même s’il joue peu avec Newcastle, promet qu’il ne provoquera plus de conflit. «J’ai toujours de la frustration à ne pas jouer, mais au lieu d’aller au clash avec le coach, comme avant, je laisse tomber car je sais que je serais perdant. Je vais me soumettre à son autorité tout en conservant ma philosophie. A savoir jouer au football, un jeu fait de mouvements et de passes». Encore faut-il avoir l’esprit léger pour jouer dans ces conditions.