David Ducourtioux: «Le foot n'est que le reflet de la société»

FOOTBALL Le joueur de Valenciennes a été élu Ballon d'eau fraîche 2011 par les Cahiers du Foot...

Propos recueillis à Valenciennes par François Launay

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le Valenciennois David Ducourtioux (à gauche), le 13 août 2011, contre Brest, au Stade du Hainaut.
le Valenciennois David Ducourtioux (à gauche), le 13 août 2011, contre Brest, au Stade du Hainaut. — P.HUGUEN/AFP

C’est le premier trophée individuel de sa carrière. A 31 ans, David Ducourtioux, défenseur de Valenciennes, vient d’être élu Ballon d’eau fraîche 2011 par Les cahiers du football. Un trophée basé sur des critères comme la fidélité au club, le fair play et le sens du collectif qui correspond bien au Valenciennois. L’occasion de parler valeurs du foot avec un joueur qui garde les pieds sur terre.

Que représente ce «Ballon d’eau fraîche»?

Honnêtement, ça fait plaisir. Maintenant, le paradoxe c’est que je n’aime pas parler de moi. Je pense être quelqu’un de discret et cette récompense fait qu’on s’intéresse à moi. C’est un truc que t’as en toi. Les autres ne sont pas ni moins bons ni plus mauvais que moi, ce n’est pas quelque chose que tu travailles. C’est une reconnaissance pour la personne que tu es. Ca flatte toujours. 

Ca montre aussi que chez les footballeurs, tout le monde ne pense pas qu’à négocier son contrat…

Oui mais j’ai l’impression qu’il pourrait y avoir 150 footballeurs sur le podium. On stigmatise souvent un peu les footeux avec l’argent, les voitures, ça râle, ça se met du gel, plein de bêtises comme ça…Mais dans toutes les entreprises, il y a des gens qui sont différents. Dans n’importe quelle boite, il y en a qui vont être un peu plus «fashion», d’autres qui vont avoir une plus grosse caisse que les autres. Ce sont des caractéristiques humaines et pas spécifiques aux footballeurs. On nous met toujours un petit peu à part parce qu’il y a cette médiatisation autour de nous et parfois je trouve ça un peu dommage. 

Ce n’est pas normal de parler des footballeurs comme ça?

Non ce n’est pas ça. Nous on a une valeur d’exemple, on se doit d’être exemplaire parce qu’on véhicule trop d’images. Par rapport à la société et surtout par rapport aux jeunes, on doit véhiculer une image hyper positive et hyper saine. Après, je suis père de  famille et  j’essaie aussi d’être un exemple comme ça. Je n’attends pas que mon fils regarde les sportifs pour s’éduquer. Nous, les footeux, on doit être exemplaire sur plein de choses mais comme le sont plein d’autres gens. On est tous responsables. La différence c’est qu’on est médiatisé et qu’on doit un faire un peu plus attention. Mais on reste malgré tout des hommes, pas parfaits et normaux. 

Mais quand on voit le comportement de certains joueurs ou encore de l’Equipe de France à la coupe du monde 2010, ça ne vous dérange pas?  

Attention, il y a des comportements qu’on ne cautionne pas. Mais c’est comme vous quand certains journalistes posent des mauvaises questions, par exemple. Et bien c’est pareil, vous avez des gens pas sympas dans votre boulot, nous aussi. Ce n’est ni plus ni moins que le reflet  de la société.