Euro 2012: Les Bleus ont-ils des raisons de s'inquiéter?

HANDBALL Alors qu'ils affrontent la Norvège jeudi lors du dernier match de préparation, les Bleus sont une nouvelle fois les immenses favoris de l'Euro à venir, en Serbie...

B.V.

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L'équipe de France de handball face à la Norvège, le 10 janvier 2011
L'équipe de France de handball face à la Norvège, le 10 janvier 2011 — REMY GABALDA / AFP

J-5. Lundi, à 18h15, l’équipe de France lancera face à l’Espagne son Euro. Mais avant de s’envoler pour la Serbie, les Experts bouclent leur préparation jeudi soir à Bercy, face à la Norvège (21h00). Grandissimes favoris de l’Euro et intouchables depuis 4 ans dans toutes les compétitions internationales, les Bleus ont-ils des raisons de s’inquiéter?

Une préparation tronquée par les blessures? Oui et non.

Il a du s’en passer des choses dans la tête de Claude Onesta, ces quinze derniers jours. La menace du forfait d’Accambray, Guigou et Honrubia a obligé le sélectionneur des Experts à faire la préparation physique sans certains de ses cadres et à en appeler de nouveaux. Mais finalement, seul ce dernier n’ira pas en Serbie. Mieux encore: Accambray et Guigou - qui semble toujours traîner une blessure avant chaque compétition – ont tous deux joué un bon moment contre la Norvège mardi lors du premier match de préparation. «Je me suis plutôt pas mal senti physiquement», a même glissé l’ailier.

La suffisance? Non.

Le plus grand risque quand on domine outrageusement, c’est de tomber dans la facilité. Pour les Experts, vainqueurs de tout depuis quatre ans, tout le défi réside à trouver la bonne formule pour être sûr de sa force sans jouer avec suffisance. Surtout pour un Euro dont on dit qu’il n’est qu’une étape vers les Jeux de Londres, dans six mois. «Ce n’est pas un risque, soutient l’entraîneur de Chambéry et ancien Barjot Philippe Gardent. Cette équipe, culturellement, est faite pour gagner. Et puis il ne faut pas oublier que qualitativement, cette équipe n’a jamais été aussi forte. Il y a de la concurrence à tous les postes et les mecs vont jouer en Serbie leur place pour les J.O.»

L’avènement d’une vraie concurrence? Oui.

Et si finalement, la vraie inquiétude n’était pas à chercher chez les Bleus mais dans ses adversaires? «Pendant de longues années, c'était silence radio sur les autres équipes adverses, observe Gardent. Mais maintenant, la France a des adversaires qui deviennent matures. L'Espagne est plus ambitieuse notamment. Le niveau derrière les Bleus se rehausse.» L’Espagne donc, qui avait arraché le nul face aux Bleus au dernier mondial (28-28), est un vrai concurrent.

Tout comme le Danemark de Mikkel Hansen, seulement défait en prolongations lors de la finale, il y a tout juste un an.