à quoi carburent les pilotes ?

de notre envoyé spécial au chili, romain scotto

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Il n'y a pas que les véhicules qui refont le plein tous les soirs. A peine arrivés au bivouac, les pilotes essorés ont tous le même réflexe : sauter sur un pack de bouteilles d'eau, puis compléter leur breuvage d'un apport en sucres ou vitamines. Dans la foulée, certains descendent quelques boissons énergisantes. Du Monster ou du Red Bull le plus souvent, deux marques omniprésentes sur le Dakar en tant que sponsors. Pour combattre la fatigue, les pilotes ont tous leur petite technique.

Des pros très prudents
« Je prends des boissons drainantes pour alléger les muscles, explique Olivier Pain, un motard Yamaha. Des produits qu'on trouve dans le commerce, des poudres énergétiques et de récupération. » Côté dopage, les pilotes ne craignent rien sur le Dakar. Aucun contrôle n'est diligenté puisque l'épreuve n'est pas estampillée FIA (fédération internationale). Mais les pros, engagés en mondial d'enduro ou de rallye-raid tout au long de l'année, savent qu'ils peuvent être contrôlés de façon inopinée. D'où l'angoisse de David Casteu ou Stéphane Peterhansel au moment de piocher dans la pharmacie en cas de souci.
« Depuis toujours, je dis qu'il ne faut pas prendre de super vitamines ou quoi que ce soit, balaie le leader du classement auto. Dans les gourdes, on a des boissons avec des minéraux pour recharger ce qu'on perd en transpiration. Mais c'est tout. » Du côté de la tente des médecins, les excitants sont aussi proscrits. Le chef médical du bivouac, Florence Pommerie, refuse d'administrer aux pilotes ce genre de substances. « On n'est pas là pour donner des vitamines et des fortifiants. De toute façon, c'est comme le café. Et du café, il y en a partout sur le bivouac. » Pour beaucoup, quelques heures de sommeil suffisent déjà amplement. C'est le cas d'Eric Palante, un motard amateur. Patron d'une entreprise de nettoyage, il est habitué à dormir quatre heures par nuit. En pleine étape, il pratique parfois le sommeil flash, qui consiste à enchaîner les siestes de quinze minutes pour recharger ses batteries. Au réveil, une pâte de fruit à la mirabelle et quelques adjuvants énergétiques lui permettent de repartir. Pour goûter cette fois à la drogue préférée de tous les pilotes du Dakar : l'adrénaline.