Starlight, la petite start-up qui fait grimacer le Stade de France et l'Etat

EXCLUSIF C'est le Consortium qui a déclenché la procédure judiciaire qui pourrait remettre en cause le contrat qui le lie à l'état...

A.Maes, V.Vantighem et W.Molinié

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Des photographes avant le match amical France-USA au Stade de France, le 11 novembre 2011.
Des photographes avant le match amical France-USA au Stade de France, le 11 novembre 2011. — ALBAN PIERRE/SIPA

«Cette histoire, c’est celle du pot de terre contre le pot de fer». Alban Bennacer, le patron de Starlight, n’a pas complètement tort, mais celle de l’arroseur arrosé convient mieux au dossier Stade de France. Si le contrat de concession passé en 1995 par l’Etat avec le Consortium pourrait être remis en cause dans les mois qui viennent, c’est en grande partie à cause des dirigeants du SDF. «Je n’ai pas porté le premier coup. C’est le Consortium qui m’a attaqué en mars 2009 devant le tribunal de grande instance pour concurrence déloyale», explique le patron de Starlight.

La société de ce Parisien de 32 ans, unique salarié de l’entreprise, achète en effet des places pour des matchs ou des concerts et les revends un peu plus tard, quand les prix ont grimpé. «Je suis mandaté par mes clients pour, par exemple, leur trouver des places pour un concert de U2 en urgence», raconte Alban Bennacer, déjà visé en novembre 2008 par un référé (rejeté) de Prodiss, l’union du spectacle musical et de variété. A l’époque, c’est la revente de tickets pour un concert de Leonard Cohen qui est en cause. 

C’est en février 2011 que l’affaire dépasse le simple cadre du business. Sollicité pour répondre à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée l’avocat de Starlight, le Conseil Constitutionnel abroge une loi de 1996 sécurisant le contrat de concession du SDF, ouvrant la porte à d’éventuels recours. Depuis, malgré, un courrier envoyé à Matignon en octobredont 20 Minutes a pu se procurer une copie, l’Etat n’a pas encore bougé.