Dakar 2012: A quoi carburent les pilotes

RALLYE-RAID Entre boisson énergétiques, café et eau sucrée...

Romain Scotto, à Iquique (Chili)

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Le pilote espagnol Marc Coma (à g.) s'hydrate sur le Dakar, le 5 janvier 2011 à Calama.
Le pilote espagnol Marc Coma (à g.) s'hydrate sur le Dakar, le 5 janvier 2011 à Calama. — E.Gaillard/REUTERS

Il n’y a pas que les véhicules qui rechargent tous les soirs leur carburant. A peine arrivés au bivouac, les pilotes essorés ont tous le même réflexe: sauter sur un pack de bouteilles d’eau, puis compléter leur breuvage d’un apport en sucres ou vitamines. Dans la foulée, certains descendent quelques boissons énergétiques. Du Monster ou du Red Bull le plus souvent, deux marques omniprésentes sur le Dakar en tant que sponsors. Pour garder les yeux ouverts, le sommeil reste le meilleur remède. Mais pour combattre la fatigue, les pilotes ont tous leur petite technique.

«Je prends des boissons drainantes pour alléger les muscles, explique Olivier Pain, un motard Yamaha. Des produits qu’on trouve dans le commerce, des poudres énergétiques et de récupération.» Pas de pommade, sauf en cas de douleur au cou ou un peu d’Arnica en dose homéopathique. Côté dopage, les pilotes ne craignent rien sur le Dakar. Aucun contrôle n’est diligenté puisque l’épreuve n’est pas estampillée FIA (fédération internationale). Mais les professionnels, engagés en mondial d’enduro ou de rallye-raid tout au long de l’année savent qu’ils peuvent être contrôlés de façon inopinée. D’où l’angoisse de David Casteu ou Stéphane Péterhansel au moment de piocher dans la pharmacie en cas de souci.

«Pas là pour donner des vitamines»

«Depuis toujours, je dis qu’il ne faut pas prendre de produits spécifiques, de super vitamines ou quoi que ce soit, balaye le leader du classement auto. Je n’ai jamais utilisé ça. Dans les gourdes, on a des boissons avec des minéraux pour recharger ce qu’on perd en transpiration. Mais c’est tout.» Du côté de la tente des médecins, les excitants sont aussi proscrits. Florence Pommerie refuse d’administrer aux pilotes ce genre de substances. Le chef médical du bivouac ne croit pas à la récupération miracle grâce aux boissons énergétiques.

«On n’est pas là pour donner des vitamines et des fortifiants. De toute façon, c’est un pis-aller. C’est comme le café. Et du café, il y en a partout sur le bivouac.» La fatigue est telle sur un Dakar que rien ne peut remplacer une préparation complète et le repos. Pour beaucoup, quelques heures de sommeil suffisent amplement. C’est le cas d’Eric Palante, un motard amateur. Patron d’une entreprise de nettoyage, il est habitué à dormir quatre heures par nuit. En pleine étape, il pratique parfois le sommeil flash, qui consiste à enchaîner les siestes de quinze minutes pour recharger ses batteries. Quels que soient le bruit et la température. Au réveil, une patte de fruit à la mirabelle et quelques adjuvants énergétiques lui permettent de repartir. Pour goûter cette fois à la drogue préférée de tous les pilotes du Dakar: l’adrénaline.