Dakar 2012: Le gang des Mini de très mauvaise Hummer

RALLYE-RAID Entre l'équipe de Péterhansel et celle de Gordon, les tensions commencent à poindre...

Romain Scotto, à Antofagasta (Chili)

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Le pilote français Stéphane Péterhansel, lors du Dakar, le 9 janvier 2012 entre Copiapo et Antofagasta, au Chili.
Le pilote français Stéphane Péterhansel, lors du Dakar, le 9 janvier 2012 entre Copiapo et Antofagasta, au Chili. — J.Prevot/Pool/Reuters

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Le rallye-raid est une course aux armements comme une autre. On y trouve des équipes sur-outillées, à la recherche des technologies les plus développées dans le seul but d’écraser la concurrence. Sur le front du Dakar, il y a clairement deux camps. D’un côté le gang des Mini (appelé Team X-Raid), soutenu par BMW et annoncé comme favori du rallye. Avec ses cinq voitures de pointe, ses pilotes expérimentés (Péterhansel, Roma, Holowiczyc), et son armée d’ingénieurs, il devait plier la course en une semaine. Seulement depuis le départ de Mar Del Plata, un vaisseau orangé sème la zizanie dans le classement et les plans de Sven Quandt, le patron du Team allemand. Avec son Hummer rutilant, Robby Gordon pointe à la deuxième place, ce qui a le dont d’agacer les pilotes Mini.

En interne, celui qui les colle comme une mouche à la glu est déjà accusé d’irrégularités. «Les performances du Hummer sont incroyables, s’étonne Stéphane Péterhansel, en tête du général. S’ils sont parfaits (Nasser Al Attiyah est 6e du général sur l’autre Hummer), on aura du mal à les suivre. Dans certaines conditions, on ne lutte pas à armes égales.» Officieusement, les Mini reprocheraient à leurs adversaires de s’accommoder du règlement, notamment en ce qui concerne les moteurs. En clair, les Hummers développeraient une puissance non autorisée en élargissant leur bride, une sorte d’anneau gastrique placée dans le ventre de tous les véhicules.

Des plans perturbés

Dans le bivouac ce comportement n’étonne pas vraiment. Pour un mécano du Team Dessoude, Sven Quandt est un habitué des contestations quand il son équipe est en danger. «Lors d’un rallye au Brésil, il n’acceptait pas qu’un voiture de chez nous les devance de trois quarts d’heure. Il nous a accusé de tricherie.» Pour le directeur sportif du Dakar, David Castera, le patron du Team X-Raid, essaye de mettre la pression «parce qu’il ne domine pas» autant qu’il le souhaite. Son plan d’origine était d’écraser le rallye dès la journée de repos à Copiapo, avec 40 minutes d’avance. A six étapes de la fin, Péterhansel n’en compte que 7 sur Gordon dont la structure privée est bien moins étoffée que celle de Mini.

En théorie, les buggys américains devaient être moins compétitifs sur un terrain roulant. Avec leur allure d’araignées, ces véhicules sont en revanche beaucoup plus efficaces sur les pistes défoncées, où leurs suspensions absorbent tous les chocs. Ce devrait être encore le cas dans les jours à venir, où les cordons de dunes attendent encore les pilotes. Rien de très rassurant pour tout le clan Mini, maxi tendu depuis le début.