Stade de France: Philippe Auroy dément les rumeurs sur une possible vente

INTERVIEW Philippe Auroy, directeur général délégué du Stade de France, répond à «20 Minutes»...

Propos recueillis par Antoine Maes

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Le Stade de France, à Saint-Denis,en novembre 2011.
Le Stade de France, à Saint-Denis,en novembre 2011. — REAU ALEXIS/SIPA

Les temps sont durs pour l’enceinte dionysienne. Entre rumeurs de rachat par le Qatar, négociations au point mort avec la Fédération française de rugby et renforcement de la concurrence, le Stade de France découvre la concurrence. Propriété de Vinci (77%) et Bouygues (33%), le Consortium qui gère le «SDF» jouit de l’enceinte jusqu’en 2025. Et ne compte pas s’en aller avant, assure son directeur général délégué, Philippe Auroy.

Depuis quelques semaines, on évoque avec insistance la vente du Stade de France à QSI, le fond d’investissement qatari propriétaire du PSG. Qu’en est-il?

Je ne suis au courant de rien. C’est une rumeur totale et absolue. Je pense que je serais au courant s’il y avait quelque chose, et je n’ai aucun contact avec qui que ce soit. C’est absurde.

D’un point de vue général, est-ce que le Stade de France est à vendre?

Pas du tout. On est dans une concession qui va jusqu’en 2025. Donc on va être très heureux de continuer jusqu’en 2025. Si on peut même prolonger au-delà de 2025 on sera content. Sérieusement en plus.

Le PSG jouera pendant deux saisons chez vous, à partir de 2013. Un club résidant, même sur deux ans, c’est un beau challenge…

C’est une opportunité, c’est clair.  En termes de changement ce n’est pas grand-chose. Comme il y a l’Euro dans la foulée, tout ce qu’on avait prévu s’intègre parfaitement avec l’arrivée du PSG. Il y a peut être des choses que le PSG voudra spécifiquement, mais à ce stade, si on discute avec eux, il n’y a rien de précis. Je ne sais pas ce qui leur va, ce qui ne leur va pas. On est en début de discussion.

Vous allez en profiter pour essayer de les convaincre de s’installer définitivement à Saint-Denis?

Je ne le dirais pas comme ça. On va essayer de faire le maximum pour qu’ils soient le mieux possible au Stade de France pendant les deux saisons. Après, c’est stratosphérique les décisions, ça ne  me regarde pas. Et à la limite ça ne m’intéresse pas. Faisons bien déjà notre boulot pendant deux ans et après on verra.

Le contrat avec la fédération française de rugby s’achève en 2013. Et la FFR a mis en route des projets de stade. C’est la fin du rugby au Stade de France?

On a fait des propositions à la FFR pour rester au-delà de 2013. Dans un 1er temps pour aller jusqu’en 2016-2018, le temps qu’ils réalisent leur stade. On avait évidemment proposé une convention comme  celle que nous avons signée avec la FFF, jusqu’en 2025, dans des conditions  beaucoup plus avantageuses que les conditions initiales. Ce qui est logique. On est dans la 2e partie de la concession, donc beaucoup de choses sont déjà amorties en termes d’infrastructures. On était capable de faire un effort important pour les garder. Bon, ça ne les intéresse pas. Pour l’instant, ils ne se sont pas rassis à la table des négociations.

Il vous reste un espoir?

J’espère bien. Par contrat on doit négocier en 2012. La seule chose qu’on sait, c’est que les deux matchs du Tournoi des VI Nations 2013 et la finale du Top 14 2013 se joueront au Stade de France. Au-delà on ne sait pas. Je pense que les grands matchs, on continuera à les jouer au Stade de France. Mais peut être que d’autres matchs, la fédération décidera de les jouer ailleurs.

Entre le projet de stade de la FFR, ceux du Stade Français et du Racing Métro, les rénovations du POPB et de Roland-Garros, y a-t-il un risque de saturation?

Evidemment. Il me semble qu’aujourd’hui on est ce qu’on appelle en crise non? Tous ces consultants qui ont travaillé sur ces business-plan, est-ce qu’ils se sont un jour poser la question de l’intersection de ces différents projets? La progression de Roland-Garros ces dernières années, c’est super.  On voit bien qu’à l’Arena92, Jacky Lorenzetti sera forcément beaucoup mieux que ce qu’il fait aujourd’hui à Colombes. On voit bien aussi que Jean-Bouin fonctionnera forcément mieux que Charlety. On a quand même un paquet de stades en Île-de-France, qui ont des offres loges importantes. Ça fait beaucoup de RP sportives. Et c’est pour ça qu’on pense qu’on n’a vraiment pas besoin d’un stade de 80.000 places en plus en Ile-de-France.

Est-ce que le carnet de commandes du Stade de France ressent déjà les effets de la crise?

Ah oui c’est très, très clair, bien sûr. C’est compliqué de parler de chiffres parce qu’on est sur des contrats de trois ans, avec des gens qui suspendent, des gens qui prolongent, mais en taux de remplissage, on est aujourd’hui à 86%. Alors qu’on a connu des périodes il y a quatre ou cinq ans où on était à 100%.

Comment se présente l’année 2012?

Compliqué.

Et même si c’est de plus en plus dur de remplir le Stade de France, les actionnaires n’ont vraiment pas du tout envie de vendre?

Absolument pas. Je ne veux  pas parler à la place de mes actionnaires, mais je n’ai pas du tout ce sentiment là. Ils sont très contents et ils veulent rester jusqu’à la fin du contrat de concession.