SeaFrance et la Coupe de France, les deux combats d'Eric Vercoutre, l'entraîneur syndicaliste

A Marck-en-Calaisis, Emmanuel Bouin et François Launay

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Eric Vercoutre (à gauche), entraîneur de l'AS Marck (CFA 2) et syndicaliste chez Sea France, à la sortie du tribunal de commerce de Paris, le 3 janvier 2012.
Eric Vercoutre (à gauche), entraîneur de l'AS Marck (CFA 2) et syndicaliste chez Sea France, à la sortie du tribunal de commerce de Paris, le 3 janvier 2012. — REUTERS/Gonzalo Fuentes

C’est sans doute l’une des semaines les plus paradoxales de sa vie. Entre son boulot et le foot, entre un possible cauchemar et un rêve de gamin, Eric Vercoutre  mène en ce moment deux combats bien différents. La journée, ce représentant syndical chez SeaFrance cumule les rendez-vous pour sauver sa compagnie maritime. Avant d’enfiler en soirée son costume d’entraîneur de l’AS Marck (CFA2) qui dispute samedi un 32e de finale de la Coupe de France contre Nice (Ligue 1). «Il fait ces deux boulots avec une facilité déconcertante», affirme Philippe Brame, membre du staff technique marckois.  

«Un cœur d’ange et une main de fer dans un gant de velours»

 «Je ne mélange pas tout, je suis juste organisé. Un peu fatigué peut-être» reconnaît Vercoutre, un  quinquagénaire au caractère bien trempé et à la grande gueule assumée «mais avec un cœur d’ange et une main de fer dans un gant de velours».

Des méthodes musclées

Même si son  comportement  porte parfois à controverse. «Nos relations sont rompues depuis qu’on avait publié un article sur une subvention de SeaFrance retirée au club de Calais et accordée dans la foulée à Marck. Furieux de cet article, des syndicalistes avaient envahi et un peu saccagé nos locaux en nous menaçant», témoigne Philippe Hénon, rédacteur en chef de Nord Littoral. 

«C'est un vrai meneur d'hommes»

Une méthode musclée qu’il use aussi devant les salariés de Sea France ou dans son vestiaire de joueurs. Mais dans un autre genre. «On se demande parfois comment il fait. C’est un vrai meneur d’hommes», lâche Régis Lassalle, l’un des entraîneurs de Marck, un club qui vient de vivre cinq montées en huit ans sous la direction de l’entraîneur syndiqué. Une progression qu’il aimerait poursuivre demain au stade de l’Epopée de Calais. Quitte à s’user encore un peu plus physiquement et mentalement.

Les trois jours les plus importants de sa vie

Car ce week-end, les journées d’Eric Vercoutre risquent d’être longues. Entre le  32e de finale contre Nice samedi et le passage devant le tribunal de commerce de Paris lundi,  l’homme joue très gros en trois jours.  Deux énormes défis qu’il affronte avec philosophie «Peut-être que la semaine prochaine, je pourrai passer plus de temps avec ma femme». Pas sûr que cet hyperactif en ait vraiment envie...