Avec Ancelotti, le PSG va découvrir la rigueur et la rondeur italienne

FOOTBALL Toujours à l'écoute de ses joueurs, le nouvel entraîneur du PSG ne rigole pas en revanche avec la tactique...

Alexandre Pedro

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Carlo Ancelotti, nouveau coach du PSG, pose pour la presse lors de sa présentation officielle au Parc des Princes, vendredi 30 décembre 2011
Carlo Ancelotti, nouveau coach du PSG, pose pour la presse lors de sa présentation officielle au Parc des Princes, vendredi 30 décembre 2011 — Jacques Brinon/AP/SIPA

Tacticien et diplomate, voilà Carlo Ancelotti résumé en deux termes. A écouter ceux qui l’ont côtoyé du côté de l’AC Milan ou de Chelsea, le nouvel entraîneur du PSG (en stage au Qatar jusqu’à jeudi) n’a rien d’un tyran des vestiaires. «Cet amateur de bonne chair qui fait attention à sa ligne» comme le décrit son ami, le journaliste Giampietro Agus, a une gestion des hommes tout en rondeur. Habitué aux réactions parfois épidermiques d’Antoine Kombouaré, le vestiaire parisien va découvrir un patron qui préfère le dialogue à la gueulante. «Il est très proche de ses joueurs, je l’ai juste entendu deux fois hausser la voix en un an»,  confie Vikash Dhorasoo sous ses ordres à Milan lors de la saison 2004/2005.

Le baiser à Kaladze

L’ancien milieu de terrain se souvient encore de la façon dont son coach de l’époque avait géré une altercation avec le défenseur géorgien Kakha Kaladze. «Il s’était fait insulter par Kaladze pendant un match. Plutôt que de le sanctionner ou de l’envoyer en réserve,  il l’a embrassé devant nous après la rencontre. Histoire de dire ‘’c’est derrière nous, on passe à autre chose’’ et tout était rentré dans l’ordre.»

Mais attention, Carlo n’a rien d’un grand-père gâteau non plus. Avec lui, les passe-droits n’existent pas. «Il sépare bien le travail et l’amitié, assure Giampetro Agus. A Milan, il était ami avec certains joueurs qui étaient ses anciens coéquipiers comme Costacurta ou Maldini, mais cela ne lui posait aucun problème de les mettre sur le banc.»

Aussi conciliant soit-il, Ancelotti reste un entraîneur italien et surtout un disciple d’Arrigo Sacchi avec qui il a gagné deux Coupes d’Europe comme joueur. Comprenez: la discipline tactique est sacrée et on ne plaisante pas avec. Vikash Dhorasoo n’a pas oublié ses séances à Milanello. «A chaque entraînement, tu bosses le placement en attaque, en défense. Cela peut en devenir chiant mais c’est la conception italienne. Tu répètes, tu répètes… »

Très à cheval sur la récupération du ballon

Et gare à celui qui s’écarte trop de la partition dictée par «mister Ancelotti». Christophe Lollichon a collaboré pendant deux ans avec l’Italien comme entraîneur des gardiens à Chelsea. Au micro de RMC Info, le Français prévient les partenaires de Mamadou Sakho.  «Quand ses joueurs n’ont plus la possession du ballon, il tient à ce qu‘ils soient en position pour le récupérer. Et que tout le monde soit concerné. Ceux qui pourraient déroger à ces principes pourraient se mettre en danger auprès de lui.»

Si Pastore rechigne à se replacer ou que Menez déserte trop son couloir droit, Ancelotti saura leur faire comprendre. Mais avec le sourire. Un peu comme quand Leonardo annonce le licenciement d’Antoine Kombouaré