Dakar2012: Mar Del Plata en pince pour son Dakar

RALLYE-RAID Dans la ville argentine d'où s'élance la course, dimanche matin, les commerçants se frottent les mains...

Romain Scotto, à Mar Del Plata (Argentine)

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Les fans argentins du Dakar, présents à Mar Del Plata au côté de Stéphane Péterhansel (à g.), le 30 décembre 2011.
Les fans argentins du Dakar, présents à Mar Del Plata au côté de Stéphane Péterhansel (à g.), le 30 décembre 2011. — no credit

Des terrasses de restaurant bondées, des plages assiégées et des fans de sports mécaniques amassés sur la corniche, depuis la base navale jusqu’au centre de Mar Del Plata. Voilà dans quel décor les 443 pilotes du Dakar ont effectué leurs premiers tours de roue, samedi après-midi, à l’occasion de la parade d’avant course. Dans la station balnéaire argentine, aux faux airs de Biarritz, l’événement n’a pas mis longtemps à trouver son public. Des «Marplatense» pour la plupart, mais aussi beaucoup des touristes, habitués à doubler le nombre d’habitants de la ville pendant l’été. «Cette année, le nombre d’étrangers a augmenté de 19%», savoure Daniel Pulti, le maire de la ville qui présente son bilan avec une légère folie des grandeurs: «Nous venons d’atteindre pour la première fois le nombre de huit millions de touristes!» Et le Dakar n’y est pas étranger.

Même s’il ne bouleverse pas les habitudes des commerçants, le rallye est accueilli comme un dernier cadeau de Noël, qui gonflera un peu plus le chiffre d’affaire de la fin d’année. «On ressent effectivement un effet Dakar dans toute la ville, glisse Thierry Rault, directeur gastronomique d’un hôtel haut de gamme du bord de mer et résident à Mar Del Plata depuis seize ans. «Sur la fréquentation, l’ambiance, c’est la fête quoi. J’ai des contacts aves les commerçants. On sent que ça bouge. Ils sont très heureux d’avoir le Dakar. Ça a révolutionné un peu le rythme de la ville.»

Beaucoup de clients français, brésiliens ou anglais

Dans son établissement, les participants au rallye occupent 80 chambres, enchaîne le Français expatrié. Depuis le 28 décembre, impossible de trouver une chambre libre. A l’entendre, il fallait s’y prendre six mois à l’avance pour espérer dormir dans ce cinq étoiles où Catherine Deneuve a, paraît-il, ses habitudes. Un peu plus loin sur l’avenue Patricio Peralta Ramos, Walter Gonzalez se frotte lui aussi les mains depuis plusieurs jours. Son restaurant, le Manolo Costa, tourne à 200 couverts midi et soir. «Mar Del Plata est un endroit très touristique en Argentine. Mais le Dakar nous amène un peu plus de monde cette année. C’est bon pour tout le business dans la ville.»

Le changement est surtout visible par rapport à la saison hivernale, quand la clientèle aisée de Buenos Aires débarque le week-end pour respirer l’air marin. «Là, il y a des touristes en permanence, sourit Damian, serveur au Trattoria, une pizzeria qui n’a pas souvent vu autant de monde dans Mar Del Plata. «Peut-être quand sont organisées des régates ou lorsque Boca et River quittent Buenos Aires pour jouer ici un match amical. On reçoit beaucoup de clients français, brésiliens ou anglais. Et ils payent très bien. La note moyenne tourne autour de 200 pesos (35 euros) par personne», ce qui permet de se faire  plaisir au pays de Maradona. Avant de passer quatorze jours sur le bivouac, il n’y a vraiment pas de mal.