Les footballeurs, ces travailleurs qui n'en foutent pas une

FOOTBALL Mais il existe plusieurs bonnes raisons pour expliquer ces semaines allégées...

Alexandre Pedro (avec nos rédactions locales)

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Des crampons de footballeurs accrochés à un mur du stade de la Meinau, en 2009.
Des crampons de footballeurs accrochés à un mur du stade de la Meinau, en 2009. — POL EMILE/SIPA

A Lille, ville de Martine Aubry, les joueurs du Losc ne connaissent toujours pas les 35 heures. «On n’a que deux heures d’entraînement par jour, constate le défenseur Aurélien Chedjou. On est des privilégiés qui n’ont pas le droit de se plaindre.» Matchs, déplacements et obligations médiatiques compris, l’emploi du temps d’un footballeur ressemble à celui d’un travailleur à mi-temps, comparé à celui d’un nageur ou d’un judoka capables d’avaler un labeur quotidien de cinq à six heures.

Des séances de 45 minutes 

En Ligue 1 (mais aussi dans les autres championnats), les journées s’arrêtent souvent à 13h quand les joueurs s’engouffrent dans leur coupé sport pour filer chez eux. De loin, cela  peut ressembler à la belle vie. «Je sais que ce n’est pas facile à expliquer à des personnes qui triment tous les jours au boulot», admet l’entraîneur de Nantes, Landry Chauvin. 

Les principaux intéressés n’ont pourtant pas l’impression de chômer à l’image du Toulousain Cheikh M’Bengue. «Nous avons pas mal de temps libre, mais on se donne beaucoup à l’entraînement pendant la semaine», assure le latéral gauche après une séance de… 45 minutes jeudi dernier. Une durée que justifie son entraîneur, Alain Casanova. «Aujourd’hui (jeudi), on ne s’est moins entraîné  car depuis trois jours on a beaucoup travaillé. Sinon, les séances durent toujours 90 minutes.» 

Le gros du travail se passe l’été 

Avec une rencontre ou deux par semaine de début août à fin mai, le football est un sport de longue durée où la préparation a lieu en amont, lors des stages de préparation de juin et juillet. «Dans la saison, l’entraînement physique va être la gestion du quotidien en récupération. Le plus important va être la récupération. Ce qui fatigue le plus c’est la saturation», développe Jean-Claude Perrin, préparateur physique du PSG dans les années 90.

Alors quand on leur parle de quantité, les entraîneurs répondent qualité et intensité. «Nos séances sont toujours très intenses, assure Alain Casanova. Je pars du principe que si on veut s’améliorer, il faut se mettre au niveau d’intensité de la compétition.» 

M'Bengue: «Je ne vois pas le temps passer» 

Et une fois les crampons rangés dans le sac, la journée d’un footballeur n’est pas tout à fait terminée comme l’explique Landry Chauvin. «Il y a ce que ne voit pas le public et qu’on appelle l’entraînement invisible. La récupération et le sommeil font aussi partie du travail». Récupération, voilà le maître mot du footballeur moderne. Cheik M’Bengue a bien retenu la leçon. «Mon temps libre, je le passe surtout en repos et en soins et je ne vois pas le temps passer.» 

Comme le rappelle Alain Casanova, «le joueur doit être assez responsable pour savoir ce qu’il doit manger et quand il doit manger, ce qu’il doit boire et quand il doit boire». Ce n’est peut-être pas «Germinal», mais le footballeur est avant tout (bien) payé pour être performant 90 minutes par semaine. Et la sieste du milieu d’après-midi fait partie du job.