Jacky Lorenzetti: «Le Racing n'a pas besoin du Stade Français pour exister»

RUGBY Le président du Racing-Metro 92 évoque la rivalité entre son club et le Stade Français avant le derby francilien de samedi...

Propos recueillis par Alexandre Pedro

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Le président du Racing-Metro, Jacky Lorenzetti, 27 mars 2010 à Brive.
Le président du Racing-Metro, Jacky Lorenzetti, 27 mars 2010 à Brive. — F.Fife / AFP

Pour la première fois, le Stade Français offre les honneurs du Stade de France aux joueurs de Jacky Lorenzetti (samedi à 16h15 pour la 12e journée de Top 14). A cette occasion, le président du Racing-Metro explique à 20 Minutes ce qui différencie les deux clubs.

Le Stade Français vous accueille enfin au Stade de France. Est-ce  la reconnaissance par votre rival de la réussite du Racing?

Jouer au Stade de France est une belle récompense pour nous. C’est le signe que l’on prête de l’attention à nos performances. Après, le Racing n’a pas besoin du Stade Français pour exister. C’était surtout dommage pour eux de renoncer à une belle fête du rugby au Stade de France, surtout connaissant leur situation financière précaire à l’époque. Je suis reconnaissant à leur président, Thomas Savare, de reconnaître l’existence d’un deuxième club de rugby à Paris.

Avec ce dernier, vous donnez l’impression de vouloir attiser la rivalité entre vos deux clubs…

Il y a une rivalité évidente mais aucune volonté de théâtraliser l’événement. On n’en a pas besoin. Les deux clubs ne sont pas faits pareil. Le Stade Français est très «chaud» et «show». De notre côté, on est plutôt des bêtes à sang froid avec un rugby traditionnel. Même s’il y a de l’espace pour deux clubs en Ile-de-France, on se bat l’un contre l’autre pour la place dans les médias, pour attirer des supporters et séduire des partenaires. La rivalité vient d’elle-même entre nous.

Mais n’existe-t-il pas chez vous la volonté de vous démarquer à tout prix du Stade Français?

Même si j’ai des réserves sur leur positionnement très show-business et leur calendrier qui n’est pas ma tasse de thé, il faut reconnaître que Max Guazzini a dépoussiéré le rugby et l’a popularisé. De notre côté, on n’a pas à se forcer pour avoir cette image de club historique. On est le seul club du Top 14 dont le maillot n’a pas changé depuis 1882 et cela malgré les insistances de notre équipementier. Tant que je serais président, le maillot ne changera pas. A la différence du Stade Français, on fait passer le rugby avant le spectacle.

Que répondez-vous à Thomas Savare quand il explique que le Racing s’est construit en allant chercher des joueurs au Stade Français?

Contrairement à ce qu’il peut penser, on n’est pas spécialement demandeurs de ses joueurs. Quand vous jouez à Biarritz ce n’est pas évident de passer à Bayonne. Et bien c’est pareil entre le Racing et le Stade Français. On a eu de mauvaises expériences avec certains chasseurs de primes venus récupérer de l’argent. J’ai eu la faiblesse de les prendre, mais je ne me ferai plus avoir.

On évoque pourtant votre intérêt pour Dimitri Szarzewski…

Oui, c’est un bon joueur. Son profil m’intéresse comme d’autres bons joueurs. Cependant, on a déjà trois bons talonneurs et puis je pense que le Stade Français va tout faire pour le garder.

Avez-vous déjà une idée du recrutement pour la saison prochaine?

Je pense qu’on sera aussi sage que cette saison. Quand je suis arrivé, le club n’avait pas de centre de formation. La semaine dernière, sept jeunes formés au club étaient sur la feuille de match contre Biarritz. En toute humilité, le Racing est plus proche d’une démarche à la toulousaine que d’un recrutement clinquant comme celui de Toulon.

Que pensez-vous du jeu produit par votre équipe? Pendant deux ans le Racing avait des résultats mais ne séduisait pas. On a l’impression que le phénomène c’est inversé cette saison…

Les deux premières années, l’équipe était très pragmatique. On nous reprochait d’avoir un jeu frustre alors que cette année, on dispose de la meilleure attaque du Top 14. Par contre, on a peut-être un peu perdu notre âme et il nous faut encore assimiler cette nouvelle façon de jouer.

Pourquoi avez-vous remplacé Simon Mannix par Gonzalo Quesada comme entraîneurs des arrières à quelques jours de ce derby?

Avec  mon manager Pierre Berbizier, nous avons ressenti le besoin d’apporter un souffle nouveau à l’équipe. Il ne s’agit pas d’une sanction, sinon nous aurions pris cette décision après notre défaite contre Edimbourg. Pour ne rien cacher, nous avons parlé avec Gonzalo avant son départ pour la Coupe du monde avec l’équipe de France. Il existait un accord de principe avec lui, mais il souhaitait juste prendre son temps, ce que nous comprenions très bien.