frédéric soyez, le nouveau boss du gazon français

françois launay

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Dans la voiture qui le conduisait hier à l'Insep, nul doute que Frédéric Soyez a dû mesurer le chemin parcouru. Nommé sélectionneur de l'équipe de France la semaine dernière, le Lillois a à peine eu le temps de réaliser qu'il lui fallait faire ses valises pour aller diriger son premier stage à la tête des Bleus… à seulement 34 ans. « C'est arrivé un peu plus vite que prévu. Mais la fédération avait envie de recruter un entraîneur jeune. Et j'ai été choisi », se réjouit le coach du Lille Hockey Club, actuel deuxième du championnat Elite B. Une promotion express et un peu surprenante pour celui qui a mis un terme à sa carrière de joueur il y a seulement un an, la faute à un genou récalcitrant.

Professionnel en Espagne
Reste que Soyez connaît tout des arcanes du hockey-sur-gazon. Ancien international, passé par Valenciennes et Lille, le néo-technicien est aussi l'un des rares Français à avoir été professionnel. « J'ai joué six ans au club du Campo Madrid. Je ne faisais que du hockey, mais attention ça n'a rien à voir avec d'autres sports pro comme le foot, le rugby et même le hand. Et puis, c'est très peu suivi. Là-bas, le foot prend tellement de place ! Pour les gros matchs, il y avait maximum 500 personnes », précise l'un des meilleurs joueurs français de sa génération. Reste qu'en touchant « entre 2 000 et 3 000 € par mois », Soyez a pu voir le fossé qui existait entre l'Espagne et la France où le statut professionnel n'existe pas. « En Espagne, ce sont des clubs privés, très fermés, dans lesquels il y a beaucoup d'argent. Ici, il manque de gros sponsors pour mettre les moyens », précise le nouveau sélectionneur. La faute aussi à une médiatisation quasi inexistante. « Pour être médiatisé, il faut avoir des résultats. Le hand a décollé grâce aux résultats des Bleus. Si on va titiller les meilleures nations ou si on va aux JO, on parlera de nous », espère Frédéric Soyez. Le chantier est immense, mais le pari est tentant.

londres 2012, mission impossible?

Depuis hier, l'équipe de France est en stage à l'Insep pour préparer un tournoi préolympique (6 équipes) prévu mi-février en Inde. Pour décrocher un ticket aux JO, les Bleus devront remporter la compétition. Pas facile face à des nations de premier plan comme l'Inde. « On va essayer d'aller le plus haut possible », espère Soyez, qui sait que la marche est sans doute trop haute. « L'objectif, c'est surtout Rio 2016 », confirme le sélectionneur.