Paris-Levallois: Eric Chatfield, l'autre star de la Pro A

BASKET Avec 23,5 points de moyenne par match, l'Américain est le meilleur marqueur du championnat...

Romain Scotto

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Le basketteur du Paris Levallois Eric Chatfield (en extension) lors d'un entraînement, à Levallois, le 22 novembre 2011.
Le basketteur du Paris Levallois Eric Chatfield (en extension) lors d'un entraînement, à Levallois, le 22 novembre 2011. — V.Wartner/20minutes

En période de lock-out, Christophe Denis pourrait lancer la rumeur de l’année en évoquant la présence de Kobe Bryant au Paris-Levallois. Mais l’entraîneur du PL cherche juste un élément de comparaison à son meilleur joueur, Eric Chatfield, intraitable depuis le début de saison. «Dans le cadre du championnat de France, qui n’est pas le meilleur au monde, il est un peu notre Kobe Bryant.» Pour faire simple, un scoreur hors pair, capable d’affoler les compteurs dans le money-time. Avant d’affronter Chalon, samedi, l’Américain de 31 ans reste sur une soirée gargantuesque contre Orléans (33 points).

Après sept journées, Chatfield regarde même de haut Parker et Batum en tête du classement des meilleurs marqueurs du championnat (23,5 points de moyenne par match). Son début de saison n’étonne pourtant pas son coach. A l’écouter, le meneur parisien aurait pu décoller dès son arrivée au PL, en milieu de saison dernière, s’il avait été placé plus tôt au centre des débats. «Cette saison, on a été très clair sur la définition des rôles. On avait clairement mis Eric comme notre «Go to guy» (la première option offensive, celui qui résout les problèmes). C’est le couteau suisse de l’équipe et la hiérarchie a été acceptée par tous.»

Meilleur pote de Ron Artest

Epargné par les blessures, il avoue se sentir plus à l’aise dans ce nouveau PL. «C’est plus collectif. Moi, j’essaie de progresser pour faire gagner mon équipe le week-end. Le coach me donne l’opportunité d’être décisif. Mais ma réussite dépend avant tout des autres.» De ceux qui lui ont collé une photo de «Garfield» sur son casier dans le vestiaire (en référence à son nom). Et qui ne bronchent pas quand le New-Yorkais, meilleur ami de Ron Artest, pique de temps en temps une crise de nerfs.

Dans ces cas là, «tout le monde se la ferme parce qu’il a raison, note Christophe Denis. Il est impressionnant. Il n’accepte pas le laisser-aller et est très écouté.» Physiquement, Chatfield n’en impose pas tellement du haut de ses 191 centimètres. C’est son parcours qui fait de lui un joueur intrigant. Formé à l’université du Nouveau Mexique, aux Etats-Unis, il s’est révélé en ProA, à Dijon il y a trois ans, après des passages en Grèce, au Liban, au Qatar ou en Syrie. «Ces voyages m’ont marqué, mais parfois, j’ai été très mal conseillé. En Syrie par exemple, il n’y a même pas de structures pour le haut niveau.»

Pas la peine de parler français

Rien à voir avec ce que le New-Yorkais a trouvé à Levallois, où il a déjà ses habitudes de joueur «très pro, très basket dans son approche des choses.» A tel point qu’il ne revendique pas d’occupation en dehors de ses entraînements. Quand il a du temps, Chatfield s’inflige des séances supplémentaires, y compris le week-end. Explorer Paris n’est pas l’une de ses priorités, ni même apprendre le français, après trois saisons passées en ProA. «Pas le temps…» De toute façon, sur les parquets comme dans la vie, ce sont les autres qui s’adaptent à lui.