Espoirs de Ligue1: Yaya Sanogo, la pépite auxerroise

FOOTBALL L'attaquant de l'AJA éclot cette année sous les ordres de Laurent Fournier...

Romain Scotto

— 

L'attaquant de l'AJ Auxerre, Yaya Sanogo (à droite), lors d'un match de L1 contre Rennes le 23 octobre 2011 à Auxerre.
L'attaquant de l'AJ Auxerre, Yaya Sanogo (à droite), lors d'un match de L1 contre Rennes le 23 octobre 2011 à Auxerre. — J.Pachoud.AFP

Même s’il que 18 ans, Yaya Sanogo maîtrise déjà parfaitement le discours de l’ancien combattant. Le joueur qui «revient de loin», pense à tous ces «moments difficiles» où sa carrière aurait pu prendre un tout autre tournant. Alors qu’il émerge cette saison dans l’équipe de Laurent Fournier (6 matchs, 3 titularisations, 1 but), le jeune buteur, fan d’Emmanuel Adebayor et Didier Drogba, ne risque pas de céder à l’emballement: «Je pense d’abord  à toutes les galères que j’ai endurées. Au quotidien, c’est dans ma tête. Je sais d’où je viens.» De l’hôpital de Mulhouse, en l’occurrence, où il était alité il y a un an et deux mois.

Celui qui est passé par toutes les sélections de jeunes (des moins de 16 ans aux Espoirs) joue alors un match en Alsace, avec la réserve auxerroise, en CFA. Sur un appel en profondeur, il est stoppé par derrière par un défenseur qui lui brise le tibia et le péroné. La fracture est nette. Fauché en pleine ascension, Sanogo revient sept mois plus tard, «beaucoup plus fort moralement» au point de convaincre Laurent Fournier, dès son arrivée sur le banc de l’AJA.

«J’essaye de gratter des minutes»

Lancé lui-même à 16 ans en Ligue 1, l’entraîneur bourguignon n’a jamais eu l’intention de couver la pépite auxerroise. «Pour moi, il a des qualités et peu importe son âge. Je trouve ça idiot de protéger un joueur.» Avec le successeur de Jean Fernandez, Sanogo a trouvé un coach plus jeune, avec qui le dialogue se noue plus facilement à l’entraînement. L’attaquant d’1,91m profite aussi du jeu plus libéré prôné par Fournier depuis le début de saison. «C’est plus offensif, ça me va bien, glisse Sanogo, qui ne s’attendait pas à bénéficier d’un temps de jeu si important en seulement treize journées.

Ses six matchs en L1, il les regarde avec de grands yeux: «Franchement, je ne me vois pas titulaire à chaque fois. J’apprends au quotidien. J’essaye de gratter des minutes à chaque match.» En Ligue 1, le jeune commence à se faire une réputation, mais Laurent Fournier ne veut pas parler de lui comme le futur crack. «C’est un bon joueur qui a une bonne marge de progression. Il faudra voir sur le long terme s’il continue à progresser. Là effectivement, ça peut devenir intéressant.» Sa grande force? Cette capacité à se créer sans forcer une multitude d’occasions à chaque rencontre. Pour l’instant, le jeune auxerrois ne les mets pas encore toute au fond. Au fond, comme Adebayor ou Drogba à 18 ans.