Les trois vies de Boris Diaw

BASKET Président-joueur à Bordeaux, restaurateur et photographe, le joueur des Bobcats sait comment s'occuper pendant le lock-out de la NBA...

Alexandre Pedro
— 
Boris Diaw, le 14 novembre 2011 à Aubervilliers.
Boris Diaw, le 14 novembre 2011 à Aubervilliers. — V.Wartner / 20Minutes

Pour un gréviste, Boris Diaw ne chôme pas. Alors que le conflit entre les propriétaires des franchises NBA et les joueurs risque d’aboutir à une suppression pure et simple de la saison 2011/2012, l’intérieur des Charlottes Bobcats a trouvé de quoi meubler ses journées depuis son retour en France. «J’ai un emploi du temps assez minuté. Depuis que je suis revenu en France, mon planning est très serré», confirme-il.

Avec son partenaire de l’équipe de France Ronny Turiaf, Diaw est l’un des principaux investisseurs D’Arrêts de jeu, une chaîne de restaurants dédiée au sport et dont le premier établissement doit ouvrir le 9 décembre au centre Le Millénaire d’Aubervilliers. «Je pourrais juste mettre des ronds, mais j’essaye d’apporter des idées et mon relationnel», explique celui qui possède déjà deux restaurants à Phoenix et Charlotte.

Bientôt un livre de photos

Des ronds, Diaw en a aussi mis à la JSA de Bordeaux dont il est le président et le pivot pour 2.000 euros mensuels, soit le salaire minimum en Pro B. «Je m’occupe de tout et je délègue tout. Je garde un œil sur tous les aspects, le marketing, le sportif, la communication.» Entre deux entraînements, le patron-joueur se démène pour ramener des partenaires. L’ancien de Pau-Orthez est persuadé que Bordeaux peut devenir une nouvelle place forte du basket français. «Il faut juste le bon projet, le bon timing. Les boîtes sont encore un peu frileuses. Elles vont investir dans le foot parce qu’elles sont persuadées que les retombées sont immédiates. J’essaye de les convaincre du potentiel du basket», développe le plus jeune président du basket français (il a 29 ans).

Entre deux réunions et deux entraînements, Boris Diaw trouve le temps de caresser un nouveau projet: celui d’un album photo consacré aux animaux d’Afrique («Il sortira bientôt peut-être»). Pour perfectionner son style, il a profité d’une formation proposée par la NBA dans le cadre de l’aide à la reconversion des joueurs. «La plupart choisissent plutôt l’audiovisuel pour devenir consultant ou le management. J’étais le premier à demander la photo.» Pendant une semaine, Diaw est parti «shooté» les grands fauves en Inde avec un photographe du National Geographic, loin, très loin des disputes entre présidents milliardaires et joueurs millionnaires du basket américain.