Francis Decourrière : «On a trois objectifs : la L1, la L1 et la L1!»

©2006 20 minutes

— 

Interview de Francis Decourrière, président de Valenciennes, leader de Ligue 2.

Si le VAFC bat Istres demain et que dans le même temps Caen et Bastia font match nul, votre équipe sera promue en L1. Vous attendiez-vous à faire la fête si vite ?

L'équipe à son destin entre les mains. On ne va pas jouer les faux modestes, mais on figure depuis bien longtemps parmi les mieux classés. Le contrat devrait être rempli, mais on ne s'attendait pas à ce qu'il le soit si tôt. On le doit à notre série de six victoires de rang [dont quatre à l'extérieur], mais aussi à celle de Bastia, qui a perdu ses trois derniers matchs.

Allez-vous vous tenir informé du score entre Bastia et Caen ?

Tout Nungesser aura une oreille en Corse. Et comme cette rencontre est diffusée sur Eurosport, il y aura peut-être un téléviseur dans le vestiaire. Mais occupons-nous d'abord de notre match. Jusqu'à présent, ça nous a plutôt réussi.

Le titre de champion est-il aussi un objectif ?

Des objectifs, on en a trois : la L1, la L1, et la L1 ! Le titre, ce serait comme une cerise sur le gâteau au bout d'une saison extraordinaire.

Voir une équipe promue en L2 enchaîner par une seconde montée de suite ne serait pas un exploit banal...

C'est rare, en effet. Mais le VAFC n'est pas un club anonyme. Ici, c'est une terre de foot. C'est un paramètre qu'on n'avait pas forcément intégré. De Lille à Lens, tout le monde nous félicite, surtout qu'on devrait avoir six derbys en Ligue 1 l'an prochain ! Je ne croyais pas que l'engouement allait être si fort. La surprise, elle est là plus que dans nos résultats.

La réussite du VAFC est-elle le symbole du renouveau de toute la ville ?

Cette semaine, la ville a inauguré sa ligne de tramway et un centre commercial. L'usine Toyota s'agrandit et embauche, la zone franche marche bien, il y a maintenant 12 000 étudiants sur la ville. Il y a dix ans, on ne parlait que des fermetures d'usine. Comparé à cela, la réussite du VAFC est anecdotique, mais c'est bien un symbole du renouveau de tout le Hainaut.

Jean-Louis Borloo, l'ancien maire et actuel ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, est-il toujours impliqué dans la vie du club ?

Il est toujours président de l'association. Et chaque lendemain de match, je passe une heure avec lui à refaire le match au téléphone ou autour d'une table.

Il est aussi président de la Communauté d'agglomération de Valenciennes. A l'heure de voter la construction d'un nouveau Nungesser, cela peut aider...

Les installations du VAFC sont vétustes. Dans deux ans et demi, nous disposerons d'un stade de 25 000 places, un outil extraordinaire.

A-t-il prévu d'assister au match demain ?

Je ne crois pas, car c'est un homme très occupé. Il viendra peut-être pour le match contre Lorient, le 5 mai. Mais rien n'est encore sûr.

Recueilli par Antoine Maes