Ligue1, 12e journée: Les petits secrets des «centreurs» d'élite

FOOTBALL La réussite d'un buteur passe souvent par eux...

Romain Scotto

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L'attaquant de Valenciennes, Gaël Danic (en rouge), devant le Marseillais Mathieu Valbuena, lors d'un match de Ligue 1, le 24 septembre 2011.
L'attaquant de Valenciennes, Gaël Danic (en rouge), devant le Marseillais Mathieu Valbuena, lors d'un match de Ligue 1, le 24 septembre 2011. — C.Baziz/Sipa

Pour connaître l’état de forme d’un centreur, rien ne vaut un détour par les tribunes. C’est toujours de là que descendent les noms d’oiseaux les plus savoureux. Quel ailier de L1 n’a pas été invité à raboter ses «pieds carrés» pour éviter de centrer au troisième poteau? Moins exposés que les buteurs ou les gardiens, les «centreurs» du championnat restent des cibles privilégiées quand leur technique déraille.

«Chaque poste a un côté pervers et c’est vrai qu’on remarque très vite nos erreurs, glisse Gaël Danic, le joueur qui a distribué le plus de centres après onze journées (119). Moi, j’ai de la chance à Valenciennes. Les supporters ne sifflent pas avant six ou sept centres derrière le but. Mais, c’est tout à fait compréhensible», explique le gaucher, sifflé à juste titre lors de son match contre Brest. «Je ne sais pas pourquoi, je n’y arrivais plus…»

Lever la tête ou foncer

Montrés du doigt à la première maladresse, les passeurs d’élite occupent pourtant une place centrale en L1 où les coachs misent toujours sur les côtés pour construire leurs attaques. L’exercice est complexe puisqu’il allie vitesse et précision. Dans le genre, les bons élèves se nomment Valbuena, Danic et Nenê dont un tiers des centres arrivent à destination. «Le centre, je le fais en fonction de la situation, poursuit Danic. Si je vois que mon attaquant a un timing supérieur à celui du défenseur, j’aurais tendance à la mettre en l’air. Si les défenseurs sont près de leur but, ça peut être un centre à ras de terre en sachant qu’il peut la mettre dans son but…»

Le Valenciennois fait donc partie de ceux qui prennent le temps de lever la tête avant de centrer. D’autres préfèrent foncer le long de la ligne et lâcher leur ballon en bout de course. «En général, j’essaye d’enrouler le ballon et le mettre entre les 5,50m et le point de penalty, si possible dans le dos de la défense adverse», glisse Bakary Sako, adepte du centre automatique à Saint-Etienne. Ses attaquants sont prévenus. A eux de se débrouiller pour le faire briller.

Dépendants du buteur

Car la réussite d’un centreur dépend avant tout de celle de son buteur. Dès qu’il donne un ballon, l’ailier cherche la «passe déc’». «Il n’y a pas de bons centreur sans bon buteur, reconnaît le Niçois Anthony Mounier. On dépend de la réussite de l’autre. Quand on joue avec des tueurs devant le but, les passes décisives grimpent rapidement et c’est parfait pour nous.» Guié-Guié, Mouloungui ou Pantecôte, les trois buteurs de l’OGC Nice savent ce qu’il leur reste à faire, dimanche après-midi contre Sochaux.

Centre (cumul saison, d’après la LFP, source Amisco)

1. Gaël Danic (Valenciennes, 113)

2. Nenê (PSG, 98)

3. Jaroslav Plasil (Bordeaux, 93)

4. Bakary Sako (Saint-Etienne, 87)

5. Michel Bastos (Lyon, 82)

Centres réussis (cumul saison d’après la LFP)

1. Mathieu Valbuena (Marseille, 30)

2. Gaël Danic (Valenciennes, 29)

3. Nenê (PSG, 27)

4. Michel Bastos (Lyon, 25)

5. Jaroslav Plasil (Bordeaux, 24)