Liga: Levante, le petit poucet qui nargue les Galactiques

FOOTBALL En tête du championnat, le club de Valence fait la nique au Barça et au Real...

Romain Scotto

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Les joueurs de Levante, lors de leur victoire contre le Real Madrid, le 18 septembre 2011 à Valence, en Liga.
Les joueurs de Levante, lors de leur victoire contre le Real Madrid, le 18 septembre 2011 à Valence, en Liga. — A.Saiz/Sipa-Photo AP

Cristiano Ronaldo battu à la course par un défenseur de 36 ans bedonnant, c’est possible. Cela se passe sur la pelouse de Levante, où évolue donc Sergio Ballesteros, capitaine du club de la banlieue de Valence, en tête de la Liga après neuf journées. Avec un budget égal à celui de Dijon (21 millions d’euros), l’équipe qui évoluait il y a deux ans en deuxième division se permet aujourd’hui de regarder les Galactiques de haut. «Une vraie surprise», pour Grégory Arnolin, défenseur français du Sporting Gijon, marqué par la performance de Ballesteros et ses coéquipiers lors de leur victoire contre le Real (1-0, 3e journée).

Pour lui, la recette du succès de ces Blaugrana du pauvre n’est pas très compliquée. «Ce n’est pas une équipe qui joue au ballon. Elle défend collectivement. Quand ils mettent un but, c’est difficile d’égaliser derrière. Ils savent tenir les matchs et ne font pas ce qu’ils ne savent pas faire.» Le groupe de Juan Ignacio Martinez est assez expérimenté pour connaître ses limites. Avec une moyenne d’âge de 31 ans et demi, la plupart ont du vécu. A Levante, les tauliers se nomment Barkero, Juan Fran, Javi Venta, Ballesteros ou Farinos, que des trentenaires à la recherche d’une dernière (belle?) aventure en Liga. Autour d’eux, le club a réussi à attirer quelques revanchards, dont Arouna Koné (ex-Séville), Asier Del Horno (ex-Chelsea) ou le Franco-marocain Nabil El Zhar (ex-Liverpool).

Salaires impayés et stade d’entraînement lointain

En signant chez le leader de Liga, tous ont dû revoir à la baisse leurs prétentions salariales. Car le miracle actuel a un prix. Sauvé de la faillite à deux reprises depuis 2008, le club espagnol toussote encore côté finances. «Je suis toujours en procès avec eux», soupire Laurent Robert, passé par le club en 2006-2007. Aujourd’hui retraité, le gaucher se souvient très bien de l’époque des salaires impayés, «même s’ils commencent aujourd’hui à (lui) payer ce qu’ils (lui) doivent.»

«C’est un club qui ne possède pas grand-chose. Il y a un camp d’entraînement à l’extérieur de la ville, à trois quarts d’heure de Valence. On n’avait qu’un terrain d’entraînement avec le strict minimum.» Deux ans plus tard, tous les joueurs ont changé, mais la situation n’a pas beaucoup évolué. Pour exister, Levante mise sur une solide base de supporters, encore nostalgiques de l’époque où Johan Cruyff évoluait au club (en 1981). «C’est un club familial qui est vraiment soutenu même s’il y a la concurrence de Valence CF, observe Arnolin. Ils ne seront pas champions, faut pas rêver. Leur objectif, c’est quand même le maintien, à la base…» Après neuf journées, on a connu plus mal embarqué pour remplir ce type de contrat.