Rugby: La presse néo-zélandaise met en garde contre «les saloperies françaises»

COUPE DU MONDE Pour le principal quotidien du pays, les Blacks doivent s'attendre à des brutalités dimanche en finale. Une veille tradition française, paraît-il...

Alexandre Pedro à Auckland

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Les joueurs de l'équipe de France de rugby après leur défaite contre la Nouvelle-Zélande, le 24 septembre 2011 à Auckland.
Les joueurs de l'équipe de France de rugby après leur défaite contre la Nouvelle-Zélande, le 24 septembre 2011 à Auckland. — J.Naegelen / REUTERS

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande…

L’équipe de France a beau être la formation la plus disciplinée de cette Coupe du monde, le New-Zealand Herald lui intente un procès en brutalité. Toujours à la pointe quand il s’agit de taper sur les Bleus, le principal quotidien du pays répertorie les agressions les plus fameuses dont se seraient rendus coupables des joueurs français par le passé. Pour les nostalgique, on y retrouve la trace de quelques grands saigneurs comme Alain Plantefol, Gérard Cholley ou Pascal Ondarts.

En Nouvelle-Zélande, Ondarts reste l’homme qui a palpé d’un peu trop près «les bijoux de famille»  du capitaine All-Black Wayne Shelford à Nantes en 1986. Vingt-cinq après, Shelford n’a toujours pas digéré la «bataille de Nantes». Il prend même la plume dans le Herald pour mettre en garde Richie McCaw et ses partenaires «contre les saloperies françaises», une vieille tradition «locale» selon lui.

«Pas de si mauvais garçons que ça»

Des barbares en puissances ces Bleus? L’accusation fait doucement rire le talonneur William Servat. «Je ne suis pas sûr que l'on soit de si mauvais garçons que ça. Je n'ai jamais pris de carton rouge. Et je ne crois pas avoir pris de carton jaune», fait remarquer le Toulousain. «Je ne pense pas que l'on soit plus violent que les All Blacks, poursuit le pilier Nicolas Mas. Ce ne sont pas des anges non plus. On vu quelques Australiens sortir le nez en sang dimanche dernier.»

Le procédé n’est pas nouveau. Le 29 septembre dernier, le Herald avait accusé Julien Bonnaire d’une fourchette sur Richie McCaw, image à l’appui. Sauf que sur la photo en question, on voit les doigts du Clermontois à distance respectable des yeux du capitaine néo-zélandais.

Plus que de remonter encore davantage des Français déjà bien piqués au vif par deux mois de critiques, cette campagne de presse vise surtout à mettre la pression sur l’arbitre de la finale, le Sud-Africain Graig Joubert. Pour Joël Jutge, ancien arbitre international aujourd'hui conseiller pour l’équipe de France, ce genre d’artifice ne fonctionne plus en 2011. «Les arbitres connaissent parfaitement les équipes et, notamment quand il y a un décalage important entre ce qui est écrit dans la presse et ce qui est montré sur le terrain, l'arbitre ne sera aucunement influencé.» Et  puis aux dernières nouvelles, Pascal Ondarts sera derrière le comptoir de son restaurant à Biarritz et non pas sur la pelouse de l’Eden Park d’Auckland dimanche.