le dimanche noir des blacks ?

envoyé spécial en nouvelle-zélande, alexandre pedro

— 

En poules, les Bleus ont trop rarement bousculé les Blacks, mais ce ne sera pas forcément le même match.
En poules, les Bleus ont trop rarement bousculé les Blacks, mais ce ne sera pas forcément le même match. — D. ALANGKARA / AP / SIPA

Imanol Harinordoquy a ajouté un nouveau mot à son vocabulaire anglais : « weakness ». « I tkink New-Zealand is the team with less weaknesses », lance le troisième ligne avec cet accent basque qui ravit les journalistes anglophones. Oui, la Nouvelle-Zélande est sans doute l'équipe qui compte le moins de faiblesses de la compétition, en VF. Dominés de la tête et des épaules en demi-finale (20-06), les Australiens les cherchent encore d'ailleurs. Mais pour aller de déception en déception depuis leur victoire en 1987, les Blacks savent trop bien qu'aucune équipe n'est infaillible. Surtout en Coupe du monde contre ces maudits Français.

Démythifier les Blacks
« Bien sûr qu'ils ne sont pas invincibles », rassure Christophe Lamaison. Tombeur de Kiwis donnés vainqueurs avant l'heure lors de la demi-finale de 1999, l'ancien ouvreur des Bleus parle de démythifier le mythe All Blacks. « C'était une expression de notre entraîneur Pierre Villepreux. Il voulait nous faire comprendre que les types en face étaient d'abord 15 joueurs de rugby comme nous. Une fois que tu as pigé ça, tu as déjà fait une partie du chemin. »
Reste encore à gagner le match sur le terrain ou plutôt à le faire perdre aux partenaires de Richie McCaw. « Les Blacks n'aiment pas être agressés. Ils ne savent pas comment répondre et tombent dans un rugby de tranchée qui n'est pas le leur, prévient Richard Astre, demi de mêlée du grand Béziers dans les années 70 et consultant France Info. Il ne va pas falloir plaquer fort, mais très très fort. Etre plus qu'à la limite. »
Et puis le pays hôte a aussi ses problèmes. Aaron Cruden n'est pas devenu Dan Carter en deux semaines et Piri Weepu n'offre pas toutes les garanties comme buteur.
« La marge est faible, mais elle existe », positive Astre. « On va très vite savoir, poursuit Christophe Lamaison. Les Néo-Zélandais vont vouloir tuer le match dès les premières minutes. Si on arrive à les contrer, tout va devenir possible. J'en suis persuadé. »