Les Français célèbrent leur victoire contre le Pays de Galles le 15 octobre 2011
Les Français célèbrent leur victoire contre le Pays de Galles le 15 octobre 2011 — AP Photo/Ross Land

COUPE DU MONDE

Rugby: Et à la fin c'est la France qui gagne moche

Contre des Gallois réduits à 14, les Bleus se qualifient de toute petite manière (9-8)...

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande,

L’équipe de France est en finale de la Coupe du monde de rugby et elle ne sait pas trop comment. «Parfois, tu gagnes et tu ne sais pas trop pourquoi», confirme le lucide Fabien Barcella. Les Gallois non plus. Dix fois, les Bleus auraient dû perdre cette demi-finale même en évoluant à 15 contre 14 pendant plus d’une heure après l’expulsion de Sam Warburton consécutif à un placage cathédrale sur Vincent Clerc. Les Bleus peuvent remercier tous les saints de la terre et déjà réserver un hôtel à Lourdes à leur retour. Cette qualification tient du miracle. Elle prouve surtout, s’il fallait encore le démontrer, toute l’injustice du sport.  Le public de l’Eden Park peut toujours siffler, c'est bien cette équipe pas bien belle à voir qui défiera l’Australie ou la Nouvelle-Zélande dimanche prochain en finale.

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Déjà dominateur  avant l’expulsion de leur capitaine, les joueurs de Warren Galtland ont donné l’impression d’être toujours un de plus. A la pause, la France vire en tête 6-3 par la seule réussite de son buteur Morgan Parra alors que Hook a laissé six points en route.  Fort de ce petit avantage, les Bleus renoncent aux dernières ambitions de jeu qu’ils pouvaient encore avoir. «On est conscient de notre refus de match», admet Maxime Mermoz. Ilustration avec Maxime Médard. L'habituel feu follet des lignes arrières a passé son match à taper chandelle sur chandelle comme un arrière anglais des années 90.

A force de reculer, les Français trébuchent à la 58e minute. Mike Phillips dépose Pascal Papé pour planter l’essai qui ramène son pays à un point. Les Gallois y resteront à jamais. Stephen Jones trouve le poteau sur sa transformation.  La suite ressemble à une lente torture.  Telle une équipe de Pro D2 jouant sa survie, les Bleus se recroquevillent sur eux-mêmes. Et à force de défendre, Nicolas Mas est sanctionné par Daniel Rolland (à l'arbitrage parfois insaisissable) pour une faute inexistante . Il reste quatre minutes et Leigh Halfpenny a la pénalité de la gagne au bout de son pied. Quarante-cinq mètre une formalité pour ce buteur longueur distance. Mais non. Comme freiné par un vent qui vient de se lever le ballon échoue juste sous la barre.

Les Gallois vont avoir un dernier ballon de victoire mais finira par rouler au sol après 23 temps de jeu. Oui, c’est injuste. Ce 15 octobre 2011 à Auckland, les coéquipiers de Thierry Dusautoir ont peut-être tué pour de bon ce qui restait de romantisme dans le rugby français. Moche, peut-être. Mais Marc Lièvremont s'en fout: «Si on doit être champions du monde en jouant ce rugby, ça me va».