Coupe du monde: Et à la fin, c'est la France qui ressuscite encore

RUGBY Les Bleus battent l'Angleterre 19-12 et s'ouvrent les portes de la demi-finale...

A l'Eden Park, Alexandre Pedro

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Julien Pierre et Maxime Médard enlacent François Trinh-Duc après la victoire face à l'Angleterre, le 8 octobre 2011
Julien Pierre et Maxime Médard enlacent François Trinh-Duc après la victoire face à l'Angleterre, le 8 octobre 2011 — N.MARPLE/REUTERS

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande,

Inutile de demander confirmation au Vatican, on a bien assisté samedi soir à Auckland à une guérison miraculeuse. Une de plus dans l’histoire de cette équipe de France où l’enfer et le paradis ne sont jamais qu’à une porte d’écart. Les Bleus étaient attendus mardi à Roissy, ils joueront finalement pour une place en finale de la Coupe du monde contre le pays de Galles samedi prochain. Oubliez 1991, 2003 et 2007, cette fois la haie d’honneur du vaincu est anglaise et le «sorry good game» a l’accent toulousain, biarrot ou clermontois.

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Cette victoire (19-12) les Bleus en ont donnée le mode d’emploi pendant toute la semaine. Du combat, du combat et un jeu enfin lisible, structuré et adapté à leurs moyens. «On a vu qu'en y mettant du coeur, une grosse agressivité, du défi physique, on pouvait proposer autre chose», confirme Dimitri Yachvili. Aucun flair, juste de la sueur, du courage et des duels gagnés. Ce n’était peut-être qu’une petite Angleterre mais encore fallait-il la battre. «Je ne sais pas si on a joué un très grand rugby ou si on a fait quelque chose d'extraordinaire, en tout cas, on était 22 joueurs français qui avaient envie d'exister dans cette compétition», résume le capitaine, Thierry Dusautoir

La première mi-temps tricolore est d’abord modèle de réalisme. Après s’être nourris de l’étonnante indiscipline de leurs adversaires pour mener 6-0 grâce à deux pénalités de Dimitri Yachivili, les Bleus envoient Vincent Clerc marquer en coin (22e) sur l'aile opposée. Huit minutes plus tard, Maxime Médard enfonce le clou après une remise d’Alexis Palisson. A la pause, il faut se pincer pour croire au 16-0 indiqué par le tableau d'affichage. Maladroits en attaque ( en témoigne la passe de Wilkinson pour l’arbitre assistant sur un deux contre un tout fait), fébrile en défense, les hommes de Martin Johnson vont pourtant procurer quelques sueurs froides aux supporters français. Ben Foden (56e) et Mark Cueto  (76e) ramènent leur équipe à portée d’un essai transformée. Insuffisant. Il reste quatre minutes et les avants tricolores vont garder au chaud le ballon. L’équipe de France ne pouvait pas perdre ce match. C’était écrit dans son histoire. On a eu tort d’en douter.