Coupe du monde: Irlande-Pays de Galles, l'autre duel du Nord

RUGBY Le Trèfle et le Poireau s'affrontent pour le titre de grande surprise du tournoi...

B.V.

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Les Irlandais joyeux après leur victoire contre l'Australie, le 17 septembre 2011
Les Irlandais joyeux après leur victoire contre l'Australie, le 17 septembre 2011 — N.MARPRE/REUTERS

Le surprise n’est pas de voir ces deux équipes en quart de finale, mais de savoir que l'une des deux sera en demie. L’Irlande et le pays de Galles, éternels challengers jamais parmi les meilleurs, s’affrontent samedi matin (7h) pour une place en demi-finale de la Coupe du monde face à la France et l’Angleterre, et un ticket d’entrée ad vitam eternam dans le gotha du rugby mondial. Et le rapport de force semble équilibré.

L’expérience des grands rendez-vous: égalité
Ils ont beau détenir à eux deux 53 victoires dans le Tournoi des VI Nations, dont 12 Grand Chelem, l’Irlande et le pays de Galles n’ont jamais dépassé les quarts en Coupe du monde. Sauf à une époque dont seuls les dinosaures se souviennent, en 1987, lorsque le XV du Poireau s’était incrusté à la 3e place de la première Coupe du monde, s’inclinant contre la Nouvelle-Zélande en demie. Pire encore, les deux n’étaient pas sortis des poules lors de la dernière édition, en France. Malgré tout, avec la présence de joueurs comme Shane Williams (34 ans) d’un côté ou de la moitié de l’effectif du Leinster -champion d’Europe- de l’autre, les matchs à enjeu ne sont pas tout à fait inconnus des XV du Trèfle et du Poireau. 

La forme du moment: avantage Irlande
Allez comprendre. Battue quatre fois en  matchs de préparation, dont deux fois par la France, l’Irlande a réussi un gros coup en dominant d’emblée l’Australie (15-6). Si bien qu’à la surprise générale, les coéquipiers de Sean O’Brien se sont propulsés au statut de candidat crédible au titre. «Il ne faut pas non plus survendre l’Irlande, tempère Thomas Lombard, ancien international français et consultant Canal+. Ils ont certes gagné un match à couteaux tirés contre l’Australie, mais ils n’ont même pas réussi à battre avec le bonus offensif les Etats-Unis. Ils ne sont pas impressionnants.» Un peu plus en tout cas que les Gallois, certes solides mais finalement battus face à l’Afrique du Sud (15-16), puis bredouillants et irréguliers face au Samoa (17-10).

Le volume de jeu: avantage pays de Galles
Au pragmatisme irlandais, dont le jeu est basé sur la conquête, l’occupation du terrain et la réussite au pied de leur ouvreur Ronan O’Gara, les Gallois répondent par une créativité sans égal dans les pays de l’hémisphère Nord. Reste à ne pas l’abandonner avec l’arrivée des matchs décisifs. «Ce ne serait pas un bon scénario pour nous, explique l’ancien Stephen Jones. Le plus important, c’est d'exprimer ce que nous sommes.» Avec Williams, North, Halfpenny ou l’ouvreur révélation Priestland, le XV du Poireau a offert, face aux Fidji (66-0) et à l’Afrique du Sud, des envolées que n’auraient sans doute pas jalousées les All-Blacks.