Les Mondiaux de gymnastique artistique s'ouvrent ce vendredi à Tokyo, au pays du virtuose Uchimura

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Menacés au printemps par la crise nucléaire de Fukushima, les Championnats du monde de gymnastique artistique s'ouvrent bien ce vendredi à Tokyo, avec en héros annoncé le virtuose japonais, Kohei Uchimura, en lice pour une triple couronne consécutive encore inédite. L'héroïne féminine reste elle à découvrir parmi les dernières jeunes perles russes, américaines ou chinoises, qui vont postuler à la succession de la Russe Aliyna Mustafina, mise hors jeu par une déchirure au ligament croisé d'un genou lors des Championnats d'Europe en avril.

Depuis sa médaille d'argent aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008, Kohei Uchimura n'a cessé de creuser le fossé numérique entre lui et les autres, au point que personne n'oserait imaginer voir le double champion du monde du concours général autrement qu'en or vendredi prochain. «Il est le Usain Bolt de la gymnastique», dit de lui le Britannique Daniel Keatings, dauphin en 2009 du maestro japonais. «Un monstre», estime l'Américain Jonathan Horton, derrière lui en bronze en 2010.

Quasiment intouchable en théorie

Frôlant déjà la perfection dans l'exécution, le Japonais de 22 ans a encore élevé le niveau de difficulté quasiment sur chaque agrès, ce qui le rend sur papier quasiment intouchable, mais ne semble pas faire d'un troisième titre une obsession. «Je veux d'abord remporter l'or par équipe et continuer ensuite sur cet élan», insiste Uchimura.

Son objectif: «Restaurer la tradition.» Après avoir dominé les années 60 et 70, les Japonais n'ont décroché qu'un seul titre majeur par équipe, l'or olympique en 2004, et comptent bien profiter de l'effet Mondiaux à la maison pour supplanter les Chinois, quadruples tenants du titre. Au-delà de cette bataille purement asiatique, «l'équipe d'abord» est un peu le leitmotiv de toutes les nations.

Les JO-2012 en ligne de mire

Car à Tokyo commence la route de Londres-2012, avec huit tickets olympiques attribués aux huit équipes finalistes, dames (vendredi et samedi) et messieurs (dimanche et lundi). Celles qui manqueront le cut n'auront qu'une deuxième chance, à Londres en janvier, où seront en jeu les quatre derniers tickets. Pour retrouver le sommet, les Etats-Unis, en argent derrière la Russie en 2010, misent sur une équipe aux deux tiers renouvelée, privée de Rebecca Bross, multiple médaillée, et de la championne du monde 2009, Bridget Sloan, toutes deux blessées.

Au milieu des nouveaux visages, atteignant en 2011 leur 16 ans (l'âge minimal), une ex-star des praticables fait son retour. La Roumaine Catalina Ponor, sortie de sa retraite à 24 ans, pourrait bien montrer que la vingtaine n'est pas un âge canonique pour une gymnaste, comme l'a déjà largement prouvé la Britannique Beth Tweddle, qui défendra son titre aux barres.

>> Le virtuose japonais, Kohei Uchimura, à la barre fixe lors des 17èmes Internationaux de France de Gymnastique en 2010: