Laure Lepailleur: «Certaines doivent poser des congés pour jouer la Ligue des champions»

FOOTBALL La latérale droit du PSG vise une qualification pour les huitièmes de finale, mercredi face à Peamount United...

Propos recueillis par Romain Scotto
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La joueuse du PSG, Laure Lepailleur (au centre) lors d'un match de Ligue des champions contre Peamount United, le 28 septembre 2011.
La joueuse du PSG, Laure Lepailleur (au centre) lors d'un match de Ligue des champions contre Peamount United, le 28 septembre 2011. — DR

Pour la première fois de son histoire (débutée en 1991), la section féminine du PSG disputera mercredi un match de Ligue des champions en France. Au stade Charléty, les filles de Camille Vaz affrontent les Irlandaises de Peamount United à 17h. Après la victoire du match 2-0 à l’aller, la latérale droit internationale, Laure Lepailleur attend au minimum une qualification pour les huitièmes de finale de compétition…

Avec un avantage de deux buts en poche, comment se présente cette rencontre face à Peamount United?

Je pense que ce match retour sera totalement différent de l’aller. Les Irlandaises vont l’aborder différemment après leur défaite. Là-bas, on a joué contre une équipe regroupée dans son camp qui défendait et cherchait à mettre un contre. Là, ce sera différent. Elles doivent marquer pour espérer se qualifier. Ce sera plus ouvert et ce n’est pas pour nous déplaire. On préfère jouer contre une équipe qui joue aussi. 

Comment jugez-vous le début de saison de votre équipe?

Je pense qu’il y a encore pas mal de travail. Pour l’instant, ça va, mais le week-end dernier, par exemple, on ne gagne que 2-1 contre Soyaux. A mon sens, on a fait un mauvais match. Techniquement, on fait beaucoup trop d’erreurs qui nous portent préjudice. C’est bien quand même parce qu’en étant un peu moins bonnes que d’habitude, on arrive encore à gagner. Mais on est capable de mieux. On a encore une marge de progression importante. 

Le club n’a jamais participé à cette compétition chez les féminines depuis sa création en 1991. Qu’en attendez-vous?

C’est quelque chose de nouveau et je suis un peu déçue de ne pas jouer au Parc de princes. Charléty, c’est un très beau stade mais le Parc, c’est le PSG. J’espère qu’il y aura beaucoup de monde pour nous soutenir.  La Ligue des champions, ça pimente une saison. 

Jusqu’où pouvez-vous aller dans la compétition?

Une victoire mercredi nous permettrait d’accéder aux 8es de finale (contre Stabaek ou Francfort). Ce sera un 8e compliqué, mais on a notre carte à jouer. Sur le papier, on n’est pas dans les meilleures équipes au niveau européen. On est novice, pas du calibre de Lyon, par exemple. On verra bien comment ça va se passer. Cette compétition est différente de la D1. On est confronté à des équipes d’autres pays. Pour notre expérience personnelle, c’est intéressant.  

La plupart des filles de l’équipe travaillent en dehors du foot. Jouer en semaine ne doit pas être facile à gérer…

Pour moi c’est un peu compliqué en ce moment. En fait, j’avais deux mi-temps à côté du foot. J’en ai quitté un. J’étais responsable technique de la section jeune au PSG. J’ai arrêté. Et là, je suis au chômage sur ce mi-temps, mais je devrais être embauché à la mairie de Paris au service des sports de proximité. Jouer en semaine, oui, c’est compliqué parce qu’on n’a pas de statut pro. Certaines filles doivent prendre des congés pour jouer la Ligue des champions parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement. Pour celles qui sont embauchées dans les filiales du PSG, c’est plus arrangeant. pour l’instant, personne n’a dû déclarer forfait pour un match à cause de son travail. 

Pensez-vous qu’un jour un match pourra drainer 20.000 personnes dans un stade parisien pour la Ligue des champions?

Oui, je pense. Avec l’engouement de la coupe du monde, de plus en plus de personnes s’intéressent au foot féminin. J’espère que ça va continuer et qu’il y aura des répercussions au niveau des clubs. Pour l’instant, on ressent plus l’intérêt lors des matchs internationaux. Nous, en club, ça commence un petit peu. Mais on peut mieux faire, je pense.