Rugby: Thierry Dusautoir capitaine de combat abandonné

COUPE DU MONDE Moins tranchant sur le terrain, le troisième-ligne paraît ne pas trouver les mots pour mobiliser une équipe qui ne lui ressemble pas ou plus...

A.P, à Wellington

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Thierry Dusautoir lors d'une conférence de presse, le 30 septembre à Wellington.
Thierry Dusautoir lors d'une conférence de presse, le 30 septembre à Wellington. — J.Naegelen / REUTERS

De notre envoyé spécial à Wellington,

Face à ceux qui reprochent à Thierry Dusautoir son charisme trop intériorisée et ses analyses tactiques sommaires, Marc Lièvremont a toujours plaidé la cause de son «capitaine de combat». Mais quelle peut encore être l’utilité d’un capitaine de combat  perdu au milieu d’une équipe qui donne l’impression de ne plus vouloir se battre? Depuis plus d’un an, Thierry Dusautoir apparaît comme un phare au milieu des tempêtes essuyées par le rafiot France (raclée contre l’Argentine et l’Australie, défaite en Italie). Quand les autres sombrent, le troisième-ligne continue à découper ses adversaires, à remuer de la viande. Bref, à montrer l’exemple.

A force de s’arracher pour quinze, le Toulousain commence à montrer quelques signes de lassitudes. Depuis le début de la Coupe du monde, le «Dark Destroyer» enchaîne les performances ordinaires. Jamais mauvais, mais jamais non plus enthousiasmant. Marc Lièvremont vole à son secours et lui conseille de la jouer plus perso: «Lui seul est exemplaire. Il laisse aussi énormément d'énergie pour mobiliser ces mecs et il est aussi largement critiqué. Qu'il se concentre sur sa performance.»

«On se demande ce qui se passe dans nos têtes»

A l’image de ses partenaires, Dusautoir a encore subi la puissance tongienne sur chaque impact. Mais  à défaut de montrer l’exemple en déplaçant ces montagnes du Pacifique, il a cherché à  mobiliser comme lorsqu’il réunit toute son équipe en cercle après l’essai de Vincent Clerc. Mais comme toujours avec Dusautoir, il y a le capitaine respectée à l’intérieur et celui à l’extérieur qui peine à mettre des mots sur les maux bleus : «Quand on manque des plaquages, des un contre un, quand on passe au sol, on ne peut pas parler décemment de manque de repères.» Oui, mais de quoi peut-on parler alors?

Comme son sélectionneur avec qui il partage le même poste et pas mal de valeurs, Dusautoir donne de l’impression de s’obliger à croire à un groupe qui n’en finit par de le décevoir sportivement et humainement. Alors, il cherche en vain à comprendre d’où vient le mal: «Aujourd'hui, c'est sûr que lorsqu'on voit les comportements sur le terrain, on peut se demander ce qui s'est passé dans nos têtes.» C’est à croire que cette équipe à plus besoin d’un psychologue diplômé que d’un capitaine de combat.