Les France-Nouvelle-Zélande en Coupe du monde: 1999 et le miracle de Twickenham

COUPE DU MONDE DE RUGBY Auteur de 28 points ce 31 octobre 1999, Christophe Lamaison revient sur l'inoubliable demi-finale gagnée face aux Blacks de Jonah Lomu...

Alexandre Pedro

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Christophe Lamaison lors de la demi-finale de la Coupe du monde 1999 contre la Nouvelle-Zélande, le 23 octobre 1999 à Londres.
Christophe Lamaison lors de la demi-finale de la Coupe du monde 1999 contre la Nouvelle-Zélande, le 23 octobre 1999 à Londres. — R.Boyce / REUTERS

Samedi à Auckland, le XV de France retrouve pour la cinquième fois de son histoire la Nouvelle-Zélande dans la cadre d’une Coupe du monde. En amont de cette rencontre, 20Minutes a demandé aux protagonistes français de l’époque d’ouvrir l’armoire à souvenirs. Aujourd’hui, Christophe Lamaison revient sur la renversante demi-finale de 1999 (43-31) pour ce qui reste peut-être le plus grand exploit du rugby français.

Le contexte

«Quand on voit notre début de compétition, arriver en demi-finale était déjà un exploit. Dans la semaine, les journalistes nous demandent surtout comment on va faire pour ne pas prendre une déculottée. Et la réponse était toute trouvée. Tout le monde pensait qu’on allait la prendre puisqu’on restait sur une défaite 54-7 à Wellington trois mois plus tôt. Voilà pour le décor (rires). Le déclic arrive avant le quart de finale contre l’Argentine. On quitte le sol français et une pression très négative pour Dublin. On met 40 points aux Argentins et on se retrouve tous ensemble à l’hôtel pour boire quelques bières. Et là, on disjoncte complètement et on part sur une belle troisième mi-temps. Cette soirée a permis de lâcher la pression pour certains et à en remettre pour d’autres mais aussi de démythifier le mythe All-Black.»

Le match

«Avec quelques partenaires, on décide d’un plan de jeu très précis que les entraîneurs Pierre Villepreux et Jean-Claude Skrela ont validé par la suite. On se sent galvanisés et prêts au combat. L’idée, c’était de tomber les armes à la main. A la pause, on vire avec sept points de retard. On sent que l’ogre All-Black est comme tout le monde, qu’il commet des fautes même s’il y a Jonah Lomu. On a eu de la chance d’ailleurs qu’il ne soit pas plus approvisionné après ses deux essais. Après, comment expliquer l’inexplicable et ce qui se passe en deuxième mi-temps? Je n’ai toujours pas la réponse aujourd’hui. Mais quand on revoit la rencontre, ce n’est pas un grand match de rugby. Il n’y a pas beaucoup de jeu. En temps de jeu effectif, c’est catastrophique. Si on prend nos essais, à part celui que je marque, c’est juste des coups de pied à suivre. Comme on a bossé ce point précis toute la semaine, on n’a pas l’impression de réaliser quelque chose d’extraordinaire. On a juste appliqué la stratégie décidée dans la semaine et à l’époque c’était nouveau comme approche… La troisième mi-temps? Le soir, on est juste trop mort pour pouvoir en profiter.»

Ce qu’il en retient
«On prend conscience d’un événement quand tout le monde se rappelle ce qu’il faisait ce jour-là. Et c’est le cas avec ce match. C’est à travers les témoignages des autres qu’on réalise la portée de cette victoire. J’ai encore reçu un mail d’un type qui me raconte avoir vu le match dans un bar du fin fond de l’Italie sur TV5. Sur le moment, on se dit juste: «Ca y est, on est en finale.» Mais quand tu arrives en conférence de presse et que tu vois les journalistes français pleurer, tu comprends. Après, il fallu tout au long de la semaine expliquer comment on avait battu la Nouvelle-Zélande. Ce n’était pas la meilleure façon de préparer la finale contre l’Australie.»