Cyclisme, Paris-Roubaix : L'Arbre, Carrefour des ambitions

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Kilomètre 242. Commune de Gruson. Le Carrefour de l'Arbre est le dernier rendez-vous significatif avec les pavés. « La légende dit que celui qui est en tête à la sortie de l'Arbre gagnera à Roubaix », explique Jean Stablinski. Le secteur 4 – 2 100 mètres de pavés à découvert en plein champ – est balayé par le vent. « On touche au but, mais on est complètement dans les vapes. Certains comptent les pavés un par un ! », s'amuse le champion du monde 1962.

Le Carrefour de l'Arbre n'est pas insurmontable, « mais c'est l'accumulation qui fait la difficulté. Du coup, les costauds jettent leurs dernières forces et peuvent encore partir », estime Jean Stablinski. C'est ici que la foule est la plus nombreuse. Ici que l'ambiance est assurément la plus « délirante, stressante, presque effrayante », poursuit l'ancien coureur. De fait, passer devant le Café de l'Arbre symbolise la fin de l'Enfer. « Dans une minute, ça sera bon, c'est le final, la fin de la galère », décrit le quadruple champion de France. A 16 km de l'arrivée, c'est aussi là que se bâtissent les succès à Roubaix. « Quand on passe en tête, on est pris dans l'euphorie de la foule, la douleur s'efface. Mais on prépare aussi l'arrivée au Vélodrome. Y a-t-il des sprinters avec moi ? Dois-je partir avant l'arrivée ? », s'enflamme Stablinski. Des pensées qui ne traversent les têtes que des leaders, puisque loin derrière, les sans-grade triment, et n'arriveront au Vélodrome que dans l'indifférence générale.

A. Maes