Ligue 1: Ces nouveaux qui racontent leurs débuts chez les grands

FOOTBALL Joueurs, entraîneurs ou présidents, ils découvrent l'élite du foot français cette saison...

Antoine Maes et Romain Scotto

— 

Daniel Sanchez, l'entraîneur du VAFC, le 27 août, à Valenciennes.
Daniel Sanchez, l'entraîneur du VAFC, le 27 août, à Valenciennes. — F.DUPUY/SIPA

La Ligue 1 ne se résume pas à l’affiche du dimanche soir. Elle recèle aussi d’anonymes habitués à batailler le samedi. Certains d’entre eux ont fait le grand saut début août. Pour eux, les cinq premières journées ont été une découverte permanente. La Ligue 1 des bizuths, vu de la pelouse (Cédric Cambon, joueur d’Evian-Thonon-Gaillard), du banc (Daniel Sanchez, entraîneur de Valenciennes) et des tribunes (Jean-Pierre Rivière, président de Nice).

Cédric Cambon, le joueur - On peut avoir presque 25 ans, avoir joué à l’étranger et porté le maillot de l’équipe de France, mais n’avoir découvert la Ligue 1 qu’en août dernier. C’est le cas de Cédric Cambon, défenseur d’Evian-Thonon-Gaillard, ancien international U19, passé par le Litex Lovetch, en Bulgarie. «Je ne suis pas vraiment surpris dans l’ensemble. Peut-être parce qu’on n’a pas encore joué les grosses équipes… En Ligue 1, on sent plus d’intensité, plus de rythme. Il n’y a pas le droit à l’erreur. Face à Dijon (défaite 1-0), j’ai eu de la chance. J’ai perdu deux ballons, mais sans conséquence…  Sinon je m’étais préparé à cela. J’ai bossé plus sérieusement que d’habitude. Et médiatiquement, il y a aussi une grande différence. Je n’ai jamais répondu à autant de médias. Mon petit plaisir cette saison, ce sera de recroiser des joueurs que j’ai connu en sélection de jeunes. Gouffran, Marange, Lloris ou Gourcuff… J’ai été champion d’Europe en 2005 avec eux et ce sera un plaisir d’échanger mon maillot.»

Daniel Sanchez, le coach -  C’est un vrai-faux bizuth. Parce que le nouveau coach de Valenciennes avait connu l’élite avec Nice, lors de la saison 1996-1997, en jouant au pompier de service pendant 20 matchs. Quatorze ans plus tard, il retrouve une L1 qui le met à rude épreuve (un nul, quatre défaites). «Forcément, il y a eu une évolution. Mais c’est difficile de comparer. C’est sûr, la plus grosse évolution, c’est le protocole. Tout est différent. Avant, c’était beaucoup plus spontané. Aujourd’hui, tout est millimétré, c’est même un peu lourd. Tu ne peux pas faire trois pas sans avoir un badge. Si je me suis perdu au Parc des Princes? Non, je le connais bien ce stade, j’étais joueur à Paris quand même. Mais bon c’est vrai qu’il y a des contrôles partout, et qu’au bout d’un moment, t’es perdu.  Tout ces protocoles font qu’on peut se perdre.  Il faudrait laisser un peu de spontanéité. Bien sûr qu’il faut un cadre, mais il y a quand même une tolérance à avoir. Après, malgré tout ce qui se passe, malgré le fait que tout soit multiplié, le métier reste le même: gérer des hommes et gagner des matchs.» 

Jean-Pierre Rivière, le président - Lui a attendu d’avoir 53 ans pour se jeter à l’eau. Après avoir fait fortune dans l’immobilier, Jean-Pierre Rivière est devenu président de l’OGC Nice cet été. Le chantier est toujours ouvert. «Avant d’arriver ici, je connaissais le milieu du football de loin. Les personnes que j’ai côtoyées m’avaient décrit quelque chose d’assez proche de ce que je découvre. On a eu un mercato particulièrement agité avec neuf arrivées. Pour certaines dans les derniers instants. Ça a été un peu compliqué dans les deux derniers jours. Heureusement que je suis encadré de collaborateurs de qualité. Ça n’a pas été déroutant mais j’ai commis quelques erreurs. J’essaierai de ne pas les commettre à l’avenir. A un moment on a bloqué sur un joueur qui n’est pas venu chez nous, ça nous a fait perdre du temps. Le dossier Moukandjo par exemple. Il a conditionné notre recrutement et n’est pas venu finalement…   En ce qui concerne l’accueil de mes homologues, il a été très courtois. J’ai été bien accueilli. Les contacts que j’ai eus sont bien passés même si chacun défend ses intérêts. On est dans une compétition mais avec un bon état d’esprit entre nous.»