Kayak-polo: «Beaucoup de similitudes avec le handball»

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Interview de Jean-Philippe Winiarski, directeur des équipes de France

Le kayak-polo semble être un sport jeune. Depuis quand y joue-t-on en France ?

Effectivement, il est arrivé dans les années 1980, en provenance des pays anglo-saxons. A l'époque, il se pratiquait essentiellement dans les régions proches de l'Angleterre : en Bretagne, en Normandie ou encore dans le Nord-Pas-de-Calais. D'abord sous l'impulsion d'athlètes qui venaient du slalom ou de la descente, mais très vite, des kayakistes se sont spécialisés. Aujourd'hui, le kayak-polo est présent dans toutes les régions et même dans les Dom-Tom, notamment à la Réunion, où il y a déjà une grande tradition de handball.

Les stratégies de ces deux disciplines sont-elles proches ?

Elles présentent beaucoup de similitudes. La vision du jeu, la tactique de décalage. Beaucoup de nos joueurs s'entraînent en pratiquant le hand pendant l'hiver. On a beau être le meilleur kayakiste au monde, si on n'a pas intégré la maîtrise du ballon et le principe de sport collectif, on ne fera rien de bon en kayak-polo.

Comment débute un match ?

Pour l'engagement, chaque équipe est alignée sous son but. L'arbitre lance le ballon au milieu du terrain et tout le monde se met à pagayer. Puis un des joueurs se détache pour aller jouer la balle. Les autres coupent leur effort. Il y a alors pas mal de kayaks qui passent les uns au-dessus des autres au centre du terrain.

Il est autorisé de passer au-dessus du kayak de l'adversaire ?

Oui. On n'a pas le droit d'aborder un autre bateau, en revanche on peut enfourner. C'est-à-dire lever l'avant de son bateau et passer au-dessus d'un autre kayak. Ce n'est pas considéré comme un contact.

Comment se déroule ensuite la partie ?

Le jeu est assez rapide, mais on essaye de conserver au maximum la balle. Une équipe peut parfois la garder pendant huit minutes, sur dix que dure une mi-temps. Après, c'est un peu comme au hand. On lance des attaques placées ou on fait circuler la balle aussi vite que possible pour créer des espaces dans la défense adverse.

Et puis il y a le tir...

Très difficile. ça ne peut pas être un shoot comme au hand. Vous êtes assis au niveau de l'eau et il vous faut envoyer la balle deux mètres plus haut. Pour le coup, cela ressemble plus à un shoot de basket. On peut être très proche du but, mais aussi tirer depuis le milieu du terrain.

Recueilli par Hugo Val (Kaora Press)

Rares sont les champions de kayak qui oeuvrent aussi bien en descente ou en slalom qu'en kayak-polo. A plus petit niveau, les passerelles existent, surtout chez les jeunes. « On essaie de les former dans toutes les disciplines pour qu'ils développent leurs sensations en bateau », explique Jean-Philippe Winiarski. La France compte 1 500 joueurs. Elle vise trois podiums dont le titre féminin aux prochains Mondiaux, cet été à Amsterdam.