Bordeaux: Francis Gillot réclame «une tempête sous le crâne des joueurs»

FOOTBALL L'entraîneur des Girondins, Francis Gillot, attend une prise de conscience de ses troupes...

Propos recueillis par Rémi Bostsarron, à Bordeaux

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Francis Gillot, l'entraîneur de Bordeaux, le 27 août 2011, à Valenciennes.
Francis Gillot, l'entraîneur de Bordeaux, le 27 août 2011, à Valenciennes. — D.CHARLET/AFP

Huit jours après la déroute à Saint-Etienne (3-1), et alors que se profile la réception d’Evian-TG, samedi, Francis Gillot maintien la pression sur ses joueurs. Très remonté après l’élimination en Coupe de la Ligue, il espère provoquer un profond changement de mentalité dans les rangs bordelais.

Avez-vous l’impression que votre colère après la défaite à Saint-Etienne a porté ses fruits?

Sur ce que j’ai vu, oui, mais ce ne sont que des entraînements. On va voir combien de temps ça va durer. Le problème, c’est qu’il faut se responsabiliser, se prendre en charge, que les joueurs prennent conscience qu’ils sont importants dans la bonne marche d’un club. Pour moi, lâcher une compétition comme la Coupe de la Ligue, c’est inconcevable, parce qu’au lieu d’en avoir trois à jouer, il ne nous en reste plus que deux. Je n’ai pas bien compris.

Vous êtes-vous remis en cause après ce revers?

On se pose toujours des questions, évidemment. Les entraîneurs qui ont plein de certitudes, qui savent tout, ils ne durent pas longtemps. Je me mets dans l’échec comme les autres. Dans ces cas-là, on se sent un peu impuissant. Mais on essaye de se poser des questions, avec le staff. On est en constante révolution dans la tête. C’est pour ça qu’on aimerait bien qu’il y ait aussi une tempête sous le crâne des joueurs de temps en temps. J’attends une réaction. Je leur ai dit, on est au pied du mur. Il y en a marre qu’on se fasse bouger. Il faut arrêter ça, partir sur d’autres bases.

Devez-vous parler davantage avec vos joueurs?

Ça fait deux mois et demi qu’on explique les choses. On essaie de dire les choses, mais c’est tellement facile de les dire. Les faire, c’est plus compliqué. C’est pour ça qu’on veut des gens responsables. Ce qu’on leur dit, il faut qu’ils l’aient déjà en eux, qu’ils le ressentent. Pour l’instant, ce n’est pas le cas de tout le monde. A un moment donné, il faut peut-être qu’on se mette en retrait et qu’ils prennent les choses en main. Aujourd’hui, j’ai envie de ça. Les principes de jeu sont connus, ils savent ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Le staff peut être motivé, mais ce n’est pas nous qui jouons. A vingt ou vingt-trois ans, dans le football, on n’est plus jeunes, on est déjà vieux. Donc s’ils attendent trente-cinq ans, ce sera trop tard, ils ne joueront plus. Il faut prendre des responsabilités plus tôt que monsieur Tout-le-monde dans la vie de tous les jours. Il faut se prendre en charge et résoudre les problèmes. Les joueurs sont là pour ça.