Equipe de France de rugby: Argent, politique, notoriété, Marc Lièvremont dit tout

RUGBY Le sélectionneur des Bleus se livre dans une interview au Parisien...

R.S.

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Marc Lièvremont lors de l'entraînement du XV de France, le 1er septembre 2011 à Takapuna.
Marc Lièvremont lors de l'entraînement du XV de France, le 1er septembre 2011 à Takapuna. — C.Ena / SIPA

Chose rare chez un sélectionneur français, celui des rugbymen n’est pas du genre cachotier. Marc Lièvremont a toujours adopté la carte de la transparence face aux médias, y compris sur sa personnalité et sa vie privée. Dans une interview au Parisien, il n’élude aucun sujet, à la veille du lancement de la Coupe du monde. On y apprend par exemple son salaire, «un peu plus de 10.000 euros par mois (13.000 euros brut)», qu’il juge «moyen si l’on compare avec les entraîneurs de clubs.» Sa sensibilité politique, «de droite comme (ses) parents», même si localement, il a plus «souvent voté à gauche» parce que les personnalités l’intéressent plus que leur parti. A la Présidentielle, il «aurait pu voter pour DSK». Ou encore son rapport à la religion: «Je suis un peu fâché avec Dieu ou plutôt ses représentants sur terre.»

Concernant le rugby qui occupe sa vie depuis tout petit, Marc Lièvremont observe de grandes mutations depuis quinze ans. «Je ne connais pas un sport qui ait autant muté. Salaires, structures des stades, comportements des joueurs, outils technologiques, c’est incroyable…» Lui qui a connu le «rugby d’avant», les salaires de 500F dilapidés dans les troisièmes mi-temps, n’est pas nostalgique, mais ravi d’avoir connu les deux époques. Il regrette juste de ne pas se sentir soutenu par le monde de l'ovalie dans sa fonction de sélectionneur, qu’il quittera après la Coupe du monde.

Vingt bières aux fêtes de Bayonne

Le boss des Bleus se sent en permanence épié, jugé, ce qui le conduit à rester sur ses gardes en permanences. «Aux fêtes de Bayonne, je peux boire une vingtaine de bières mais je dois rester sous contrôle, me planquer un peu.» L’après Coupe du monde aura forcément du bon pour Lièvremont, qui, même en cas de victoire, ne sera jamais le nouveau Aimé Jacquet. La première chose qu’il fera en cas de titre? «Conduire ses enfants à l’école et faire ses courses.» Comme Monsieur tout le monde.