US Open: Pluie, annulations et coup de gueule des joueurs

TENNIS C'est le chaos à l'US Open en raison des intempéries...

© 2011 AFP

— 

Le court central de l'US Open, asséché par les techniciens du tournoi après les intempéries, le 7 septembre 2011 à New York.
Le court central de l'US Open, asséché par les techniciens du tournoi après les intempéries, le 7 septembre 2011 à New York. — L.Nicholson/REUTERS

C'est le chaos à l'US Open: la pluie a contraint mercredi les organisateurs du dernier tournoi du Grand Chelem de la saison à annuler les matches pour la 2e journée consécutive et des joueurs, dont un Rafael Nadal remonté, se sont plaint qu'ils n'étaient pas «protégés».

Alors que le programme avait été entièrement annulé mardi à cause de fortes averses - une première à Flushing Meadows depuis 2006 -, la pluie qui a continué à tomber mercredi a forcé la Fédération américaine (USTA) à annuler les matches en deux temps, d'abord les six simples messieurs prévus (quatre 8e de finale et deux quarts de finale) et plus tard les quatre quarts de finale dames.

Nadal débute, puis s'arrête

Une controverse a même éclaté après que l'organisation eut profité d'une accalmie vers 12h30 locales (16h30 GMT) pour faire débuter trois simples messieurs. Quinze minutes après, le jeu était suspendu par une nouvelle pluie. Nadal alors était mené 3-0 par Gilles Muller, Murray (N.4) servait pour égaliser à 2-2 face à Donald Young et Andy Roddick (N.21) menait 3-1 sur David Ferrer (N.5).

Le reste de la journée s'est jouée en coulisses, certains faisant part haut et fort de leur mécontentement d'avoir joué dans des conditions encore humides. «Nous ne nous sentons pas protégés. Il y a beaucoup d'argent dans les tournois du Grand Chelem et ils travaillent pour ça (l'argent), pas pour nous. Mais nous faisons nous aussi partie du "show", a fermement expliqué sur la chaîne américaine ESPN Rafael Nadal, peu habitué à de tels "coups de gueule".

Injustice

«On ne veut pas aller sur le court s'il pleut encore», a ajouté le tenant du titre. Si je dois y aller, j'y vais mais je pense que ce n'est pas juste.» Murray, finaliste en 2008, a aussi tapé du poing sur la table: «Les lignes deviennent glissantes, les balles sont humides, le fond des courts est mouillé. Les joueurs sont les premiers à vouloir jouer, mais pas quand c'est dangereux».

«Je comprends le volet "business" de la chose, mais les joueurs doivent se sentir en sécurité», a estimé Roddick. «Nous avons fait savoir que nous ne voulions pas être remis dans cette position», a ajouté le vainqueur de l'édition 2003. Message reçu par les organisateurs puisque quelques heures plus tard, les simples messieurs ont été annulés mais les simples dames maintenus en soirée, avant d'être eux aussi finalement annulés.

Djokovic plaide pour un toit

Novak Djokovic, dont le quart de finale contre son compatriote Serbe Janko Tipsarevic a été annulé, a entre-temps apporté son soutien aux insurgés. «J'appuie les autres joueurs, a dit le N.1 mondial. Je comprends que les gens ont payé pour nous voir jouer mais la santé des joueurs est prioritaire.»

«Un tournoi aussi important que celui-là devrait vraiment considérer (la construction) d'un toit», a aussi indiqué le Serbe. Alors que l'Open d'Australie et Wimbledon disposent d'un toit rétractable sur leur court central, et que Roland-Garros en aura un en 2016, l'USTA est en effet régulièrement critiquée pour l'absence de toit sur le stade Arthur-Ashe, la plus grande enceinte de tennis au monde avec 23.157 places.

Pas idéal, mais jouable quand même

L'USTA s'est défendue par communiqué: «A midi, les infos en notre possession indiquaient la possibilité d'une fenêtre de deux heures sans pluie. Malheureusement, la bruine et l'humidité ne sont pas toujours visibles sur le radar. Nous avons des arbitres expérimentés qui décident si les courts sont jouables. Les conditions peuvent ne pas être idéales mais jouables quand même.»