Les argentés de Sydney se penchent sur la génération Parker

BASKET Jim Bilba, Laurent Foirest et Yann Bonato, médaillés d'argent aux Jeux de Sydney en 2000, examinent à la loupe la génération actuelle...

Antoine Maes (avec R.S.)

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Le Français Joakim Noah marque contre la Serbie, le 5 septembre 2011, lors de l'Euro de basket, à Siaulai.
Le Français Joakim Noah marque contre la Serbie, le 5 septembre 2011, lors de l'Euro de basket, à Siaulai. — MILOSAVLJEVIC/SIPA

Eux, les JO, ils les ont faits, et en ont même ramené une médaille d’argent. Onze années après Sydney, les héros de l’équipe de France regardent d’un œil attentif le groupe qu’on présente comme le plus à même de leur succéder. Mercredi, les Bleus de Vincent Collet entameront la 2e phase de l’Euro 2011 avec un match contre la Turquie. Une place en finale assurerait à Tony Parker et à sa bande un ticket pour les Jeux de Londres. Témoignages de Jim Bilba, Yann Bonato et Laurent Foirest.

Enfin une vraie équipe – «Ce n’est pas du All star game ou du Alley oop. Ils sont tous en mission. Il n’y a pas d’égos. Avant, il y avait davantage d’individualités. C’était moins sérieux», signale Yann Bonato, ancien ailier international (88 sélections), aujourd’hui opticien. Ce constat, ses anciens coéquipiers en équipe nationale le partagent. La France est une équipe, enfin. «Je pense qu’ils sont motivés par la perspective de jouer les Jeux. Tous les athlètes veulent y être, c’est la meilleure manière de mettre en place une cohésion», estime Jim Bilba, ancien ailier fort (170 sélections), qui est aujourd’hui entraîneur adjoint à Cholet. Une remarque qui ne vaut pas que pour le cinq majeur. «Dans un Euro, on a besoin de tout le monde, du 1er au 12e homme, et là tout le monde est concerné. La France a du banc, malgré ce que les gens peuvent dire», remarque Laurent Foirest, ancien shooteur des Bleus (150 sélections), reconverti bras droit de Tony Parker à Villeurbanne.

Une marge réduite – Les trois glorieux anciens sont unanimes, ces Bleus leur plaisent. Sans planer sur la compétition. Les Français vont donc devoir commencer par se ménager un peu. «Contre la Turquie, il faut qu’ils gagnent pour pouvoir faire souffler, parce qu’il y a des joueurs qui ont beaucoup joué, qui sont usés», explique «Jim Trampoline».  Mais ce n’est pas tout. Pour Laurent Foirest, «ils ne se mettent à défendre que quand ils sont dos au mur. Il faudrait qu’ils se mettent à défendre dès les premières secondes, ce qui est la marque des grandes équipes». Au final, les coéquipiers de Tony Parker «ne sont quand même pas au niveau de l’Espagne, qui est surdimensionnée pour l’Europe», promet Yann Bonato.

Plus fort que la génération 2000? – La comparaison est tentante. Mais impossible. «Ce sont deux équipes complètement différentes. A notre époque, il y avait moins de physique mais un peu plus de joueurs qui avaient de la tête», lance Laurent Foirest. Yann Bonato, lui, prend plus de risques. «Quand on prend les joueurs de zéro à douze, la notre était meilleure. Mais quand on regarde le cinq majeur de 2011, il n’y a pas photo. Il y a cinq joueurs NBA… Cinq vrais joueurs. Parce que même Gelabale c’est un joueur NBA. Vous le mettez à San Antonio, dites-moi qu’il est moins fort que Bruce Bowen, je vous tire les oreilles», se marre l’ancien Limougeaud. «C’est bien beau de dire qu’on est les meilleurs, mais il faut le montrer», conclut Jim Bilba.

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