d'une faiblessel'union a fait sa force

rémi bostsarron

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C'est une pédagogie de l'échec des plus efficaces. Noyés sous le déluge offensif du Stade Français (41-20) lors de la première journée de Top 14, l'Union a contré tous les mouvements bayonnais, samedi (18-6). « J'ai l'impression qu'on a gagné tous les impacts », savoure Marc Delpoux, maître d'œuvre de cette métamorphose.

Remise en question
« C'est le staff qui était responsable de cette déroute à Paris, assure le manager bordelo-béglais. On a toujours privilégié le jeu, sans comprendre que le Top 14 avait comme nécessité d'avoir une défense de fer. » Appelés à progresser très vite pour exister dans une élite qu'ils découvrent, les Girondins ont donc changé leurs plans avant de recevoir l'Aviron.
« Les joueurs étaient demandeurs, ils voulaient exister dans ce domaine, glisse l'entraîneur des avants, Laurent Armand. Contre Bayonne, on n'a pas laissé d'espaces, on les a étouffés. » La différence s'explique techniquement, avec le passage d'une défense individuelle à une défense zone, qui limite la création de brêches à exploiter par l'adversaire. Mais elle s'explique aussi par un changement d'état d'esprit.
« Le mot de la semaine, c'était “avancer”, et on a vu une défense agressive, qui est bien montée, explique Matthew Clarkin. Ce qui nous manque en expérience, on l'a en intelligence. On apprend beaucoup et très vite. » Pas question pour autant de se reposer sur ses lauriers pour Laurent Armand, persuadé que « des tests de solidité, on va en passer tous les week-ends. ».