Coupe du Monde 2011: «Les Japonais des charmants opposants» selon Jean-Pierre Elissalde

RUGBY L'ancien sélectionneur du Japon fait les présentations avec le premier adversaire de l’équipe de France...

Alexandre Pedro à Auckland

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L'équipe du Japon de rugby, le 24 août 2011 à Tokyo.
L'équipe du Japon de rugby, le 24 août 2011 à Tokyo. — T.Hanai / REUTERS

De notre envoyés spécial à Auckland,

Jean-Pierre Elissalde est intarissable sur le Japon. Le père de Jean-Baptise Elissalde et ancien international lui aussi a eu «la chance» de diriger la sélection nippone en 2006. De cette aventure, il garde le souvenir d’un pays où le rugby se joue dans les règles de l’art, ce qui va de paire avec une certaine naïveté. L’équipe de France pourrait bien en profiter samedi à North Harbour (8h heure de Paris) pour son entré dans la Coupe du monde.

La place du rugby au Japon

«Le rugby est très présent dans la culture japonaise surtout à l’école et à l’université.  Les Japonais sont très attachés à leur université un peu comme les Américains. Pour la finale universitaire, vous avez 40.000 spectateurs au stade olympique de Tokyo. Vous avez quand-même 200.000 licenciés (NDLR : ce qui fait de la fédération japonais la sixième plus important au monde). Le rugby correspond bien à leur mentalité.» 

Leur vison du rugby

«Les Japonais pratiquent ce sport dans les règles de l’art. Il n’y a pas de transferts sauvages,  de violence sur le terrain ou de public qui vocifère. On est dans le sport avec un grand S. C’est beau mais est-encore d’époque? Leur championnat est très spectaculaire mais ne prépare pas au haut-niveau. Ils jouent au rugby pour jouer alors nous jouons nous au rugby pour gagner. Les chandelles et les drops n’existent pas. Ils font des ballons portés parce que je suis passé par là (sourire).  Les Japonais sont des charmants opposants. Trop bon, trop con comme dit l’expression bien française. A l’époque, j’ai essayé de leur apprendre à être plus vicieux ou malins. Il faut savoir pousser de travers en mêlée, faire des écrans. Il faut jouer avec la règle. Mais ils en sont incapables. Ils ne savent pas passer à l’orange.

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L’apport des étrangers

«Cette naïveté explique pourquoi ils naturalisent massivement  des joueurs étrangers en sélection, alors  que moi je m’appuyais d’apport sur les Japonais. John Kirwan, le nouveau sélectionneur, est plus pragmatique et a retenu dix naturalisés, surtout des Néo-Zélandais pour gérer le jeu aux postes clés comme ouvreur ou troisième-ligne centre.  Ce qui explique leur progrès sur ces derniers mois.

Quel match face à la France?

«Le Japon a une mêlée correcte et une bonne touche. Ils  sont naturellement doués en attaque mais  un peu naïfs  en défense. Ils vont être  obnubilés par l’idée de se battre et vont trop se livrer. Autre défaut: ils donnent aussi beaucoup trop de points. Je pense que c’est un genre de rugby qui peut convenir à l’équipe de France. On va assister à un match spectaculaire quoi qu’il arrive.»

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