Patrice Evra, capitaine sans brassard

EQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL Laurent Blanc cherche toujours un cadre à qui confier le capitanat, et Patrice Evra n'est plus si chaud que ça...

Antoine Maes

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Patrice Evra avec l'équipe de France, le 9 juin 2011 contre la Pologne à Varsovie.
Patrice Evra avec l'équipe de France, le 9 juin 2011 contre la Pologne à Varsovie. — ENPOL/SIPA

«Je ne suis pas le capitaine». Cette phrase, Patrice Evra l’a répété une bonne douzaine de fois, mercredi midi, à Clairefontaine. Son brassard, il l’a abandonné au fond d’un bus en Afrique du Sud. On ne sait pas si la cicatrice qu’il porte sur le biceps gauche date de cette époque, mais ce serait une trop belle image pour être crédible. Lui reconfier le capitanat ne manquerait pas de sel. Car la question se pose. Laurent Blanc se cherche des leaders. Le plus souvent, il a pensé à Alou Diarra. Parfois même à Samir Nasri voire à Philippe Mexès. Dans la tête du sélectionneur, le débat reste ouvert. Beaucoup moins dans celle du défenseur de Manchester United.

«Sur le terrain et dans le vestiaire, je reste le même»

«Ce n’est pas parce que le brassard n’est pas autour de mon bras que je ne continuerai pas ce que je fais», soutient l’ancien monégasque. Sous-entendu: c’est un faux-débat, capitaine pas capitaine, rien d’important. «Sur le terrain et dans le vestiaire, je reste le même». Soit. Pourtant, quand on demande à Loïc Rémy qui sont les leaders de ce groupe, le premier nom qui lui vient est celui d’Evra. Puis celui d’Hugo Lloris. Mais tard, beaucoup plus tard: forcément, c’est bien moins évident.

«Je n’ai tué personne, je n’ai mangé personne»

Au fond, on imagine bien le Mancunien avoir décidé tout seul comme un grand, dans la solitude de sa chambre de Clairefontaine, qu’il ne porterait plus le brassard. Mais son statut, son expérience et son charisme en font encore un candidat crédible. Même si politiquement, Knysna pèse encore très lourd dans la balance. C’est tout le problème. «Quand tu le fais tu prends tout. Capitaine ça sert à rien, sauf sur le terrain». «On m’a bien tapé dessus».  «Beaucoup de gens ont peur de moi depuis le Mondial? Pourtant, je n’ai tué personne, je n’ai mangé personne». Et donc, Laurent Blanc cherche encore. «C’est que c’est pas si facile de remplacer Patrice Evra», sourit… Evra lui-même.