Florent Malouda: «Si on se fait des noeuds au cerveau...»

EQUIPE DE FRANCE DE FOOTBALL Face à la concurrence de Franck Ribéry à gauche, Florent Malouda fait contre mauvaise fortune bon coeur et s'adapte sur le côté droit...

Propos recueillis par Antoine Maes

— 

Florent Malouda et Franck Ribéry se congratulent, après un but contre la Biélorussi,e le 6 juin 2011 à Minsk.
Florent Malouda et Franck Ribéry se congratulent, après un but contre la Biélorussi,e le 6 juin 2011 à Minsk. — REUTERS/Vasily Fedosenko

Il plane sur la carrière internationale de Florent Malouda comme un petit malentendu. Depuis plusieurs saisons, il est l’un des Français les plus réguliers dans un grand club. Mais ça n’empêche pas les sélectionneurs successifs d’être tentés de lui préférer Franck Ribéry dans le couloir gauche. Le Guyanais a avalé tellement de couleuvres en bleu que ce n’est pas être titularisé à droite qui le vexera. C’est son message, glissé avec bonne humeur, alors Laurent Blanc et son équipe décolle dans l’après-midi pour Tirana, où ils affrontent l’Albanie, vendredi.

Est-ce que vous trouvez Franck Ribéry meilleur que vous à gauche?

(Il réfléchit longuement). Non je ne pense pas. Je pense que ça arrange tout le monde. C’est pour la paix des ménages. C’est une option qu’a pris le coach. Mais il n’y a pas besoin de réclamer pour constater que j’ai fait toute ma carrière à gauche.

Laurent Blanc vous a-t-il expliqué ce choix?

Il me l’a présenté en me disant que j’avais un bel avenir à ce poste. Mais il n’y a qu’en sélection que je joue à droite.

Vous le prenez comment de ne pas jouer à votre place?

J’ai vécu beaucoup de choses en équipe de France, c’est dans la continuité (sourire). J’aime jouer au foot, et forcément dans une position préférentielle.  Mais après ce qu’on a vécu récemment, j’ai envie de m’amuser. Ensuite il n’y a rien de figé. Je peux commencer à droite et aller à gauche. Si je devais jouer à gauche et rester collé à la ligne de touche, j’aurai du mal aussi. Et au niveau de l’animation offensive, on a des libertés.

Un gaucher à droite, un  droitier à gauche… Vous y croyez à la théorie des faux-pieds?

Il y a des effets de mode.  Mais avec la théorie des faux-pieds, il faut avoir la maîtrise du ballon. A gauche, si je ne touche pas de ballons, c’est frustrant aussi.  Si je joue à droite et que je suis alimenté en permanence, il n’y a pas de problème.

C’est naturel pour vous de jouer à droite?

Ca fait deux ou trois matchs qu’on essaie. Ce n’est pas quelque chose d’instinctif, même si on fait les efforts mentaux. Si ça se passe bien, on va dire que c’est une idée de génie. Et si ça se passe mal… Donc j’ai envie que ça se passe bien.

Vous comprenez pourquoi on vous parle autant de ce débat Ribéry/Malouda, droite/gauche…?

Dans un match où tu vas toucher beaucoup de ballon, ça va. Si on est isolé, ça ne se passe pas bien. Mais je ne suis pas dans une situation de stress. J’ai passé cette étape là, celle du «comment on joue?». Si on se fait des nœuds au cerveau, ce n’est pas le meilleur moyen pour que ça se passe bien. L’adversaire est en face, pas dans l’équipe.

Vous le prenez comme une injustice?

Ca fait cinq ou six ans qu’on joue ensemble en équipe de France avec Franck, et personne ne trouve de réponse. On ne va pas s’acharner. Injuste? J’ai connu pire.