Mondiaux d'athlétisme: Mekhissi - Tahri, les faux frères du 3.000 steeple

ATHLETISME Les deux Français ne devraient pas s'entraider lors de la finale de jeudi à Daegu...

R.S.

— 

Les athlètes français, spécialistes du 3000m steeple, Mahiedine Mekhissi (à gauche) et Bob Tahri lors de la finale des championnats d'Europe le 1er août 2010 à Barcelone.
Les athlètes français, spécialistes du 3000m steeple, Mahiedine Mekhissi (à gauche) et Bob Tahri lors de la finale des championnats d'Europe le 1er août 2010 à Barcelone. — REUTERS

Comme les safaris et l’ugali (un plat traditionnel),  le 3.000m steeple est avant tout une affaire kenyane. La finale des Mondiaux prévue jeudi à Daegu (13h25 heure française) devrait encore se régler entre les quatre coureurs des hauts plateaux. A moins que Bob Tahri et Mahiedine Mekhissi se mêlent encore une fois à l’empoignade. Même s’ils ont souffert en séries, les «Kenyans blancs» ont les armes pour viser une médaille, après leur doublé des championnats d’Europe l’été dernier. Mekhissi avait battu Tahri dans la dernière ligne droite après une échappée en duo qui avait assommé tous leurs rivaux.

Cette fois, l’hypothèse d’une course par équipe semble moins probable, même si un troisième Français, Vincent Zouaoui, les accompagnera en finale. «Ils n’ont pas intérêt à collaborer dans la mesure où les Kenyans le feront déjà, analyse Vincent Le Dauphin, ex-spécialiste des franchissements de barrières et rivières. S’ils le font, ils auront tous les Kenyans sur le porte-bagage.» La tactique a parfois bon dos. Car l’épisode de Barcelone a aussi laissé quelques traces. L’issue de la collaboration n’aurait pas plu à Tahri, prévenu de la stratégie quelques minutes avant la course. Depuis, les relations entre les deux clans s’étaient tendues.

Des tensions à l’origine de la bagarre Mekhissi – Baala?

«Entre eux, c’est cordial, note Le Dauphin. Ils sont adversaires avant tout. Mahiedine n’est pas plus copain avec lui que Kemboi ou Mateelong (deux des Kenyans favoris pour le titre). L’athlé, c’est particulier, les gens se regroupent sur 15 jours trois semaines dans l’année. Chacun fait sa carrière.» Sans forcément s’entraider et effacer quelques non-dits. Le récent pugilat entre Baala et Mekhissi, à Monaco, serait d’ailleurs le fruit d’un malentendu, né de la rivalité entre ce dernier et Tahri, grand ami de Baala, avec qui il s’entraîne tout au long de l’année.

«Je n’espère plus rien de lui, glissait Mekhissi après les Jeux, où sa médaille d’argent l’avait révélé. C’est la rivalité, je suis passé devant lui. Ça faisait dix ans qu’il était numéro 1, ça lui fait bizarre d’être derrière. Il y a peut-être de la jalousie.» Pourtant avant les Mondiaux, les tensions se seraient pourtant apaisées. Depuis leur arrivée à Daegu, les deux fondeurs se rendent au stade ensemble, avec Baala. «Croyez-moi, l’ambiance est bonne dans le groupe demi-fond», assurait Tahri avant les séries. Peut-être pas au point de se lancer dans une nouvelle course d’équipe.