Ils vont faire la Coupe du monde 2011: Pieter de Villiers, la grande gueule sud-africaine

RUGBY 20Minutes part à la découverte de ceux qui vont faire la Coupe du monde mais que vous ne connaissez pas encore...

A.P.

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Le sélectionneur de l'équipe d'Afrique du Sud de rugby, Peter de Villiers le 11 septembre 2009 à Hamilton.
Le sélectionneur de l'équipe d'Afrique du Sud de rugby, Peter de Villiers le 11 septembre 2009 à Hamilton. — N.Marple / REUTERS

La septième Coupe du monde de rugby débute le 9 septembre en Nouvelle-Zélande.  Avant les premières mêlées et les premiers cadrages-débordements, 20Minutes a décidé de vous présenter ceux qui vont faire parler d’eux pendant la compétition. Ils n’ont pas encore la notoriété de Dan Carter ou Jonny Wilkinson mais ça ne va peut-être pas durer.

CV express:

Peter de Villiers hérite en janvier 2008 (un peu à la surprise générale) du poste de sélectionneur de Springboks tout frais champions du monde. A l’époque, la fédération sud-africaine ne cache pas la dimension politique de choix. Premier sélectionneur noir d’une équipe à forte majorité blanche, cet ancien demi-de-mêlée privé d’une carrière internationale par l’apartheid doit composer avec  le scepticisme de certains joueurs cadres et la pression politique de l’ANC (le parti de Nelson Mandela) qui lui demande de prendre plus de noirs. Et pour ne rien arranger, les résultats ne suivent pas sur le terrain. En bon nostalgique du grand pays de Galles des années 70, de Villiers cherche à imposer un jeu de mouvement qui ne cadre pas vraiment avec le rugby viril et plutôt restrictif qui a fait le succès des Boks. Autant dire que l’homme de 54 ans est attendu au tournant cette année en Nouvelle-Zélande. 

Pourquoi il faut le suivre

A défaut d’être toujours sur le terrain, le spectacle est au moins assuré en conférence de presse avec Peter de Villiers, passé maître dans la déclaration à l’emporte-pièce.  Un exemple? Quand son troisième-ligne Schalk Burger est inquiété pour une énième brutalité,  son sélectionneur vole à son secours à sa façon: «Et pourquoi on n’irait pas au magasin d’articles de danse le plus proche pour s’acheter un tutu?» On ne compte plus également ses déclarations pour dire que le Top 14 ne vaut pas un kopeck. Mais sa cible préférée reste son homologue néo-zélandais, Graham Henry, qu’il n’hésite pas à traiter de «grande gueule» à l’occasion. On aime bien la réponse de l’intéressé. «Peter de Villiers est  un de ces hommes malchanceux qui naissent avec le sourire à l'envers, pointé vers le bas». Le 20 août dernier, De Villiers a esquissé un début de sourire puisque ses Boks ont enfin battu les Blacks de Henry (18-5).   

Les autres sélectionneurs :

De Villiers n’est pas le seul sélectionneur grande gueule de cette Coupe du monde. Dans le genre l’Anglais Martin Johnson se défend. A ses débuts, certains joueurs ont même avoué avoir eu peur de l’ancien deuxième-ligne. On l’a vu aussi, il ne vaut mieux pas trop chercher le Néo-Zélandais Graham Henry. «Notre» Marc Lièvremont est plus difficile à classer. Souvent présenté comme trop gentil, le patron des Bleus est capable de colère noire qui n’aurait presque rien à envier à celles de Bernard Laporte. Sauf qu’elles ont pour l’instant échappé aux caméras.