Coupe de monde rugby 2011: l'anti-fiche de l'Afrique du Sud

RUGBY La présentation décalée des 20 équipes qualifiées pour la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande…

A.P.

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Des milliers de fans des Springboks ont bravé la pluie, battante vendredi sur Pretoria, pour saluer les nouveaux champions du monde de rugby, au début d'une semaine de célébrations à travers le pays qui conduiront également les joueurs dans le township de Soweto.
Des milliers de fans des Springboks ont bravé la pluie, battante vendredi sur Pretoria, pour saluer les nouveaux champions du monde de rugby, au début d'une semaine de célébrations à travers le pays qui conduiront également les joueurs dans le township de Soweto. — Gianluigi Guercia AFP/archives

Le CV express

Depuis quelques mois, le tenant du titre tient une petite forme. Tri-Nations raté, jeu limité, capitaine et sélectionneur critiqué, l’Afrique du Sud n’a pas vraiment l’étoffe d’une équipe capable de ramener une troisième Coupe du monde (après 1995 et 2007) à la maison. Mais attention à ne pas enterrer tout de suite une équipe avec des joueurs du calibre de Bismarck du Plessis, Victor Matfield, Bryan Habana ou encore Fourie du Preez.

Leur programme (groupe D)

Afrique du Sud – pays de Galles le 11 septembre à Wellington (10h30 heure français)
Afrique du Sud – Fidji le 17 septembre à Wellington (8h)
Afrique du Sud – Namibie le 22 septembre à Auckland (10h)
Afrique du Sud – Samoa le 30 septembre à Auckland (10H30)

Trois bonnes raisons de les suivre

Pour les drops de 65 mètres de François Steyn

Parce qu’il faut toujours un méchant. Si pour caricaturer, les Blacks devaient être les artistes du rugby, les Boks en seraient un peu l’antithèse. Aux envolées des trois-quarts, les Sud-Africains préfèrent un rugby très viril et pas toujours correct. Mais il faut de tout pour faire un monde et une Coupe du monde.

Pour les déclarations du sélectionneur Pieter de Villiers. Premier sélectionneur métis d’une équipe qui a longtemps été le bastion d’une Afrique du Sud très blanche, De Villiers a plutôt la langue bien pendue. Quand il ne défonce pas le niveau «très faible du Top 14», il dénonce ceux qui critiquent la violence de certains de ses joueurs. «On n’a plus qu’à se rendre au magasin d’article de danse le plus proche et acheter des tutus.» Bref, un bon client.

La spécialité locale

Le drop. On y revient. Depuis le légendaire Nass Botha dans les années 80, le drop est inscrit dans l’ADN du rugby sud-africain. Les Boks on gagné leur Coupe du monde en 1995 sur un drop de Joel Stransky. Quatre ans plus tard, l’ouvreur Jannie de Beer a tué l’Angleterre en quart-de-finale en passant cinq drops. Remplaçant lors de ce match, le tout jeune Jonny Wilkinson a très bien retenu la leçon du maître.


Le mec qui gagne à être connu :

Heinrich Brussow. Avec son 1m82, il n’entre pas dans les canons très musclés des troisième-lignes maison. Pas dur genre à renverser trois adverses ballons en mains, Brussow est le roi avec des regroupements (rucks) avec une moyenne de cinq ballons gagnés au sol par match. Ce n’est pas un hasard si la mauvaise passe des Springboks a coïncidé avec l’absence sur blessure de ce travailleur du sol.

Leur ennemi préféré

La Nouvelle-Zélande. Au pays de Jonah Lomu, on a trouvé qu’il manquait une scène à «Invictus» film inégal de Clint Eastwood sur la victoire de l’Afrique du Sud de Nelson Mandela en 1995.  La veille de la finale pas moins de 12 joueurs néo-zélandais sont victimes d'une intoxication alimentaire. Le lendemain, les Springboks affrontent des Blacks moins saignants que lors des tours précédents. Depuis, les relations restent assez fraîches entre les deux sélections.



Le prono de la rédaction

Battus dans un match sans essais par les All-Black en demi-finales,  les Boks se plaignent de troubles gastriques. Etrange.

La question bonus


Pourquoi l’hymne sud-africain est le plus dur et long à apprendre? Depuis 1997, l'hymne national est chanté en 5 des 11 langues officielles d'Afrique du Sud. Malgré tout, les joueurs arrivent à la reprendre presque en cœur. Sauf quand la fédération française décide en 2009 de le faire interpréter par un chanteur de reggae. L’affaire a même provoqué le début d’un scandale diplomatique.