Tibaut Dejean-De La Batie: «Il y a plus de contacts qu'au vélo»

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Les championnats de France de grand fond viennent de se tenir en Vendée. En quoi consiste cette discipline ?

En roller de vitesse, nous distinguons les courses sur piste du grand fond, qui se déroule sur route, sur des distances voisines d'un marathon. Soit environ 50 km, sur des circuits fermés. Chaque tour de piste fait entre 3 et 4 km.

Comment se déroule une course ?

Nous partons tous en même temps sur la ligne. Après quelques mètres, le peloton se forme. On se retrouve les uns derrières les autres. Si la route est large, nous évoluons sur deux ou trois files parallèles, un peu comme sur le périphérique. Les relais se mettent en place, il y a aussi des patineurs qui changent de file. C'est souvent dans ces moments-là que l'un ou l'autre place une attaque pour s'échapper.

Une stratégie assez proche de celles adoptées en cyclisme sur route...

La grosse différence, c'est que chez nous, il n'y a pas de stratégie d'équipe. Au cours de la course, selon les circonstances, on peut être amené à s'entendre avec d'autres patineurs et il est mal vu dans le peloton de ne pas tenir un relais assez longtemps. Mais cela reste un sport individuel. Et puis il y a aussi beaucoup plus de contacts qu'en vélo. On est collé les uns aux autres et quand la foulée est longue, les patins se touchent souvent.

Les chutes sont-elles fréquentes ?

Hors compétition, notre technique est telle qu'on ne chute presque jamais. En course, elles sont plus fréquentes, surtout dans les départs ou les arrivées au sprint. Comme les cyclistes, on a les jambes épilées en prévision des grosses éraflures. On s'entraîne aussi à tomber, à sauter au-dessus d'un patineur à terre, à l'éviter. C'est l'une des autres différences avec le vélo. En cyclisme, il y a le physique et la stratégie. En roller s'ajoute une dimension technique pour réussir à bien croiser ou bien pousser latéralement sur les patins par exemple.

Comment réussit-on à s'échapper d'un peloton lancé à près de 50 km/heure ?

Ce n'est pas simple. Celui qui déboîte d'une file pour s'échapper sort de l'aspiration et doit vraiment placer une grosse accélération pour réussir à doubler le peloton. Un peu comme sur un départ de course courte distance. On compte aussi sur l'effet de surprise. Mais en général, assez peu d'échappées vont au bout. La plupart des courses s'achèvent au sprint.

Recueilli par Hugo Val (Kaora Press)

Outre les courses de grand fond, les épreuves de ville à ville se développent de plus en plus en France (Paris-Giens, Paris-Orléans...). Mais l'événement majeur de la longue distance reste Les 24 Heures du Mans, sur le circuit Bugatti, chaque premier week-end de juillet. S'y affrontent jusqu'à 500 équipes de 10 patineurs chacune. Il y est également possible de tenter Les 24 Heures de roller en solitaire.