Equipe de France: Raphaël Lakafia, une première presque en famille

RUGBY Le troisième ligne de Biarritz Raphaël Lakafia fera ses débuts chez les Bleus face à l'Irlande samedi, soutenus par ses coéquipiers en club...

A Bordeaux, R.B.

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Raphaël Lakafia à l'entraînement avec le XV de France, le 26 juillet 2011, à Saint-Laurent -de-Cerdans.
Raphaël Lakafia à l'entraînement avec le XV de France, le 26 juillet 2011, à Saint-Laurent -de-Cerdans. — F.FIFE/AFP

«Je ne pouvais pas rêver mieux». De son filet de voix qui tranche avec son imposante carcasse, Raphaël Lakafia savoure le cadeau offert par Marc Lièvremont: une titularisation face à l’Irlande, samedi, à Bordeaux, pour sa première apparition sous le maillot bleu. «Je serai pas loin de chez moi et de ma famille, ça aura forcément une saveur particulière, glisse le troisième ligne du Biarritz Olympique.En plus, je serai entouré par des Biarrots, ça me rassure.»

Le sélectionneur a en effet tout prévu pour que le jeune Tourangeau d’origine wallisienne (22 ans) se sente à l’aise dans ce premier et avant dernier match de préparation à la Coupe du monde, puisqu’il sera accompagné de ses coéquipiers de club Imanol Harinordoquy, Dimitri Yachvili, Damien Traille et Sylvain Marconnet. «On a décidé de le lancer tout de suite dans le grand bain, pour qu’il ne gamberge pas, et dans un contexte favorable pour qu’il puisse exprimer tout son potentiel, explique Marc Liévrement. J’ai confiance en lui, il n’y aucune raison pour ça ne se passe pas bien.» Même s’il a déjà pris place sous le feu des projecteurs au cours de la dernière saison de Top 14, au gré des performances fulgurantes qui l’ont propulsé dans la cour des grands, l’intéressé le reconnaît: «ce serait faux de dire que je ne suis pas stressé. Représenter son pays, c’est quelque chose de très fort. Et en rugby, il n’y a pas de match amical».

«C’est aller crescendo en un an seulement»

«J’ai senti qu’il était tendu, confirme Damien Traille. Alors je l’ai félicité, je lui ai dit que c’était une récompense méritée. Je l’ai vu débuter, je sais ce qu’il a fait pour en arriver là.» Ce que Raphaël Lakafia a fait de plus spectaculaire, c’est sa métamorphose de l’été dernier, quand après une première saison extrêmement décevante sous les couleurs du BO, il s’est repris en mains, perdant kilos superflus (il lui en reste tout de même 110) et nonchalance au profit d’une hygiène de vie irréprochable. «C’est aller crescendo en un an seulement, et c’est ce qui me permet de relativiser, explique-t-il Aujourd’hui, je sais que ça va très vite dans un sens comme dans l’autre.»

«Il a fait énormément d’efforts pour s’intégrer et il s’est ouvert aux joueurs d’expérience, témoigne Dimitri Yachvili, bien placé pour mesurer l’étendue du talent de son partenaire: «il avance sur les impacts et franchit rapidement la ligne davantage. Pour un neuf, c’est mieux d’avoir un joueur comme ça à suivre.» Raphaël Lakafia encaisse les compliments en souriant, presque gêné, et affirme son ambition comme il a accueilli la nouvelle de sa titularisation, «avec humilité»: «Je n’ai pas de certitude. Je vais simplement essayer de refaire ce que j’ai fait en club, sans me prendre la tête.»