Tour de France: «Il y a trop de voitures dans les courses», estime Jacky Durand

CYCLISME L'ancien cycliste, désormais consultant, estime que ces véhicules gênent la course...

Recueilli par B.V.

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Le peloton du Tour de France lors de 7e étape, le 5 juillet 2011
Le peloton du Tour de France lors de 7e étape, le 5 juillet 2011 — L.CIPRIANI/AP/SIPA

Il a fallu un accident spectaculaire pour mettre en exergue l’un des cancers du peloton: la présente hallucinante de voitures et motos sur les courses cyclistes. 130 véhicules et quasiment autant de motos sillonnent en effet les routes du Tour de France au milieu des coureurs. Un chiffre excessif, selon Jacky Durand, ancien coureur et désormais consultant Eurosport.

Considérez-vous qu’il y a trop de voitures autour des coureurs?
Oui. Je ne sais pas si le véhicule de dimanche devait être là ou pas. Mais je trouve qu’il y a des véhicules de trop et notamment ceux de la presse écrite, qui ne font pas de direct et qui vont écrire leur papier sur l’étape après-coup. Leur présence n’est peut-être nécessaire et ils seraient aussi bien à l’arrivée.

En dehors des journalistes et des voitures de l’organisation (assistance médicale, technique, organisation de course), il y a aussi des invités…
Oui, mais pour être l’organisateur d’une petite course moi-même, je sais que ce sont ces invités qui amènent de l’argent. Il y a tellement d’enjeux économiques que je comprends que des véhicules invités soient présents pour faire vivre la course de l’intérieur…

Avez-vous déjà entendu des plaintes des coureurs ou faut-il un événement comme celui de dimanche pour en entendre parler?
C’est aussi de la fatalité. Mais je comprends l’attitude du conducteur parce que c’est un réflexe. Je ne pense pas que c’était un ancien coureur qui conduisait car si cela avait été le cas, il aurait préféré exploser un rétroviseur sur le platane plutôt que de se jeter sur les coureurs. On sait qu’ASO (organisatrice du Tour) met au volant d’anciens cyclistes ce qui diminue le nombre d’accidents car ils connaissent le peloton et les différents facteurs de course comme les virages, le vent, les trajectoires.

Il n’y a pas de formation particulière?
La formation se fait sur le tas, à partir du moment où l’on connaît un peu le vélo. Il ne suffit pas d’être un bon pilote. Même Schumacher n’est pas forcément apte à conduire une voiture pendant une étape du Tour de France. Le meilleur exemple, c’est encore Mark Webber (pilote en Formule 1 chez Red Bull). Un jour, il était invité dans la voiture Française des Jeux à vivre une course aux côtés de Marc Madiot, et il était paniqué parce qu’avec tous ces spectateurs, toutes ces motos et tous ces coureurs, il se rendait compte qu’il était incapable de conduire dans ces conditions.