Au FCn, on balance les pépites

David Phelippeau

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Le milieu de terrain Loïc Nego, douze matchs en L2 avec Nantes cette saison, est demandé par de nombreux clubs.
Le milieu de terrain Loïc Nego, douze matchs en L2 avec Nantes cette saison, est demandé par de nombreux clubs. — F. Elsner / 20minutes

La fuite des talents. Depuis janvier, le FC Nantes a vu filer – ou n'a pas su retenir – trois jeunes joueurs qui avaient un certain potentiel. En janvier, Lionel Carole (20 ans) est transféré au Benfica Lisbonne pour une indemnité de 750 000 euros. Quelques semaines plus tard, alors qu'il lui restait un an de contrat, Ronnie Rodelin (21 ans) a signé quatre ans à Lille en échange de 1,5 million d'euros. Enfin, Loïc Nego (20 ans), en fin de contrat, n'a pas donné suite aux différentes offres nantaises et est sur le point de s'engager avec… l'AS Rome.
« Pour avoir une chance de construire quelque chose de cohérent, tu n'as pas le droit de perdre deux ou trois jeunes comme ceux-là en aussi peu de temps », estime Guy Hillion, l'ancien coordinateur sportif du FCN.
Ce dernier aurait d'ailleurs bien voulu conserver Ronnie Rodelin – « un joueur plein de talents » –, mais la logique économique du président Kita a tout emporté… Gilles Favard, ex-conseiller de Kita, se souvient que les conseils de Rodelin avaient fait une proposition au FCN en novembre dernier : un contrat de trois ans assorti d'un salaire très honnête (14 000 €). Le président nantais aurait refusé estimant que la demande était trop élevée. « Le problème de Monsieur Kita c'est qu'il a tellement de contrats de joueurs à payer que ça l'empêche d'ouvrir les vannes pour les jeunes », explique Favard.

Désaccord sur Nego
Loïc Nego, quant à lui, faisait moins l'unanimité au sein du club. « Moi, je voulais le garder, j'ai toujours cru en lui, avoue Favard. C'est un vrai joueur de foot ! » Une proposition de trois ans accompagnée d'un salaire croissant tous les ans (entre 10 000 et 20 000 €) lui est même parvenue en fin d'année 2010. Mais le joueur et ses agents ont été manifestement trop gourmands sur la prime à la signature. Quand il reprend le dossier, Hillion est, lui, moins convaincue que son prédécesseur sur le joueur et avoue lui avoir fait une offre « sans grand pouvoir de persuasion » (un contrat d'un an seulement). « Loïc Nego a un comportement extra-sportif qui ne correspond pas à celui d'un joueur de haut niveau, dit Hillion. J'étais embêté de voir partir Rodelin, mais beaucoup moins quand j'ai su que Nego ne voulait pas rester… »
La conclusion est signée Favard : « Quand je vois qu'ils veulent aller chercher des joueurs comme Wiltord (37 ans) ou Pancrate (31 ans), je me demande où ils vont jouer les jeunes qui restent… ». Ces derniers doivent peut-être aussi se le demander…