Malgré un péroné fissuré, Thomas Levet a gardé le sourire. Le vainqueur de l’Open de France (sur le parcours de Saint-Quentin-en-Yvelines) dimanche sur ses terres revient sur ce succès majeur et sur le parcours où se déroulera la Ryder Cup, en 2018…

Réalisez-vous mieux la portée de votre victoire aujourd’hui?

Non pas encore. C’était un rêve de gagner ce tournoi depuis longtemps, c’est fabuleux. C’est exceptionnel de rajouter cette victoire au palmarès. Après ma victoire à l’Open de Cannes ou il y avait déjà une ambiance assez fabuleuse, j’ai pu ressentir une véritable ferveur sur un gros tournoi. En plus, dans une année où on a obtenu la Ryder Cup, sur ce parcours-là pour 2018… Ça lance bien la machine et on a sept ans pour y travailler.

A quoi se joue la victoire de dimanche?

J’ai eu la chance d’avoir un bon swing  pendant toute la semaine. Tous mes adversaires directs ont explosé tout au long du parcours dans les deux dernières journées. J’ai fait moins d’erreurs que les autres, pas de meilleurs trous mais moins d’erreurs sur la fin du parcours.

Vous vous êtes aussi blessé en fêtant votre victoire…

Oui, je me suis fait mal au péroné droit. Il y aura des séquelles. Mais vous savez, c’est la vie. Cela risque tout de même de me coûter deux semaines d’absence, si ce n’est plus. C’est en sautant dans l’étang du dernier trou pour fêter la victoire que je suis tombé sur une pierre. Manque de cul quoi…

Vous avez 42 ans, est-ce l’âge de la maturité pour un golfeur?

J’espère que oui. Avec cette victoire, je repars pour trois ans sur le circuit. J’adore mon métier et j’ai de la chance de faire ce sport fabuleux. Je fais encore des progrès chaque année. Je me suis amélioré au niveau du mental et ça fait de meilleurs résultats sur la fin.

Qu’est-ce qui vous manque pour franchir encore un pallier?

…. Il me manque dix ans. J’ai dix ans de trop. Et puis des semaines comme celle que je viens de vivre. Ce serait bien que cela se passe plus souvent.

Quel est votre programme après cette victoire?

Le programme, ça va être du repos et j’espère reprendre au British Open dans deux semaines sinon ce sera pour le championnat du monde. Tout dépend de ma  blessure.

Après l’obtention de la Ryder Cup à la France, vous sentez l’engouement pour le golf grimper en France?

Oui c’est sûr. Là, on était en configuration Ryder Cup avec le public qui poussait derrière. En France c’est un truc qui crée un engouement, ça fait beaucoup de bruit. On a vu beaucoup plus de spectateurs grâce à la Ryder Cup. C’était assez exceptionnel et très bruyant. Ça booste, mais c’est parfois compliqué à gérer au niveau des émotions. Cela n’a pas arrêté du samedi au dimanche soir. Mais jouer dans cette ambiance là, c’est assez fantastique.

Les Américains semblent ne pas aimer ce parcours, pourquoi?

Ils ne sont pas habitués à ce genre de circuit. Les leurs ont beaucoup de bosses, très peu d’herbe, peu de pièges même si il y a des obstacles dedans, il y a des moyens pour pouvoir se rattraper après. Alors que dans ce parcours, il faut être très droit, faire très peu d’erreurs. Et cela pénalise le moindre faux pas. C’est pour ça qu’ils ne l’aiment pas et c’est tant mieux.

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