Les boules veulent tourner rond

Sandrine dominique

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Au premier jour du Mondial, sérieux et application étaient déjà de mise hier sur les terrains.
Au premier jour du Mondial, sérieux et application étaient déjà de mise hier sur les terrains. — K. VILLALONGA / SIPA

L'anniversaire fera date. Pour sa 50e édition, le Mondial La Marseillaise à pétanque a franchi, hier, un nouveau palier avec un record de participation historique.
Petits et grands, hommes et femmes, Français et étrangers, pros et amateurs, ils étaient 13 872 joueurs, soit 4 624 triplettes, à s'être engouffré dans le parc Borély pour en découdre lors de cette première journée. Que de chemin parcouru depuis la première édition en 1962 quand 1 164 joueurs avaient lancé l'événement. Et que dire des milliers de badauds qui se pressaient en bordure des terrains, casquette ou bob vissés sur la tête et pique-nique dans le sac à dos ou la glacière. Assurément, la pétanque sait faire la fête et le spectacle. Mais le monde de la pétanque sait aussi élever la voix quand il s'agit de défendre son image, souvent écornée.

« Ce n'est plus la

pétanque du cabanon »
« Le Mondial est une grande fête populaire mais aussi une véritable compétition », lance Patricia Jeanjean, présidente du Comité bouliste des Bouches-du-Rhône et vice-président de la Ligue Paca. Et qui dit compétition, dit règlement, statut et sérieux. Ainsi dès les 8es de finale, chaque joueur a l'obligation d'évoluer genoux et pieds couverts. Il peut aussi écoper de point de pénalité en cas de retard en début de partie voire être suspendu par la commission de discipline en cas de non-respect des règles.
Au Mondial comme dans les autres concours, la pétanque n'a plus grand-chose à voir avec la partie de boules disputée entre amis à l'heure de l'apéro. « Ce n'est plus la pétanque du cabanon. L'alcool est interdit en compétition d'ailleurs et puis les joueurs sont licenciés, ce sont de vrais sportifs, parfois de très haut niveau, et il faudrait donc reconnaître la pétanque comme un sport à part entière et pas seulement comme un loisir », plaide encore Patricia Jeanjean. Jeudi soir, la triplette qui succédera sur le Vieux-Port à l'équipe Rocher-Dubois-Robineau, vainqueur en 2010, pourra en témoigner.